DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. VI. 297le minimum, auroient lieu à la même heure du jour: (lans le cas con-traire,la plus petite marée auroit lieu à l’instant de la basse-mer so-laire, et suivroit par conséquent d’un quart de jour l’heuredela plusgrande marée. Ceci fournit à fauteur un moyen simple de recon-noître laquelle des deux actions lunaire et solaire est la plusgrande : toutes les observations prouvent que c’est la première.
Si l’on considère, comme ci-dessus, un large canal communi-quant avec la mer, il est visible qu’il faudra un certain temps auxoscillations qui auront lieu à son embouchure , pour se propagerjusqu’à son extrémité, et suivant que ce temps approchera plusou moins d’être égal à un nombre exact de jours lunaires ousolaires, les marées lunaires ou solaires à cette extrémité serapprocheront aussi plus ou moins de fheure du passage au mé-ridien des astres qui les produisent. On volt par-là combien ilest nécessaire, dans la théorie des marées, d’avoir égard auxcirconstances locales du port; et la considération de la courbe deshauteurs de la mer, en introduisant des arbitraires dépendantesde ces circonstances , forme un moyen très simple d’y avoirégard. L’auteur fait voir qu’il est nécessaire d'en tenir comptepour pouvoir déterminer, par les phénomènes des marées, lesforces attractives du soleil et de la lune. 11 applique ensuite cesformules au cas où le canal dont nous avons parlé auroit deuxembouchures tellement situées, que la haute-mer eût lieu à lapremière , en même-temps que la basse-mer à la seconde et réci-proquement , et il fait voir que si les deux marées mettent lemême temps à parvenir à l’extrémité du canal, il n’y aura pointde flux et reflux à cette extrémité, en vertu des oscillations dontla période est d’un demi-jour. Ce cas singulier, qui dépend en-tièrement des circonstances locales, a été observé à Batsha,port du royaume de Tunquin, et dans quelques autres lieux.
L’auteur considère ensuite le cas où le soleil et la lune, tou-jours mus dans le plan de l’équateur, seroient assujétis à des iné-galités dans leurs mouveineinens et dans leurs distances ; et enlinil passe au cas de la nature, dans lequel il faut avoir égard auxdéclinaisons de ces astres. II fait voir que ce cas général peut,ainsi que les précédens, être ramené ù celui de plusieurs astres musuniformément dans le plan de l’équateur, mais à des distancesdifférentes du centre de la terre, et avec des mouvemens diífé-rens dans leurs orbites. Réunissant ces actions partielles, il enconclut la hauteur de la marée due aux attractions de la lune etdu soleil, dans le cas de la nature où ces astres se meuvent dansdes orbites inclinées à l’équateur.
Cette expression donne lieu à deux sortes de phenomenes, lesuns relatifs aux hauteurs des marées, les autres relatifs à leursintervalles. Pour les comparer aux observations, l’auteur les con-Tome IV. P p