298 HISTOIRE
sidèreà leur maximum vers leurs syzygies, et à ìenr minimum versles quadratures. Les observations dont il a fait usage sont tiréesdu recueil de celles qui furent faites à Brest, sur 1 invitation del'Académie des sciences, pendantesix années consécutives, et quele cit. de la Lande a publiées dans son Traité. Le cit. de la Placediscute avec le plus grand soin toutes celles qu’il a employées.
Parmi les phénomènes que nous présente le système du monde, ilen est peu qui soient plus important que le flux et reflux de la mer;non-seulement sa connoissance précise intéresse les travauxjournaliers des ports, elle est encore utile pour prévenir les acci-dens qui pourroient résulter des inondations produites par lesgrandes marées vers les syzygies. Ce résultat des attractionscélestes, a encore l’avantage de servir à confirmer de la manièrela plus positive, la théorie de la pesanteur universelle, et c’estce que fauteur a surtout pris soin d’établir, en faisant ressortiravec habileté f accord frappant des observations avec la théorie.11 résulte de cette comparaison , qu’à Brest l’influence de lalune sur les phénomènes des marées, est à-peu-près triple de celledu soleil. Cette théorie est une des plus intéressantes du grand ou-vrage de la mécanique céleste ; on y trouve tout ce qui pourroitêtre utile pour la pratique dans les différens ports, les phéno-mènes qu’il importe de suivre et dont les éléinens sont encoredouteux ; enfin, on trouveroit difficilement un plus beau modèlede l’artimportant qui consiste à bien discuter les phénomènes,et à faire ressortir, par des combinaisons adroites, ceux quel’on vent examiner. Nous nous sommes étendus sur cet ouvrage,pour faire voir et les difficultés que fauteur a surmontées, etl’importance d’une théorie aussi neuve que difficile.
Le cit. de la Place a voulu voir encore si la mer peut in-fluer sur les mouvemens de la terre, à raison de la coucheaqueuse, qui, par les attractions du soleil et de la lune, sedépose sur la surface d’équilibre de la mer. II évalue ces forces,les substitue dans les équations du mouvement des corps solides,les développe, et fait voir qu elles sont les mêmes que si la merformoit une masse solide avec le sphéroïde quelle recouvre.
L'analyse précédente, quoique très-générale, suppose que lamer recouvre en entier le sphéroïde terrestre, que sa profon-deur est régulière et qu’elle n’éprouve point de résistance dela part du sphéroïde quelle couvre. Ces suppositions peuventfaire douter que les résultats précédens aient lieu dans le cas dela nature. L’auteur en donne une seconde démonstration in-dépendante de ces hypothèses.
Le principe des aires que fauteur a souvent employé a icil’avantage d’être également vrai, quand le système éprouve deschangemensoudes mouvemens brusques comme cela a lieu pour