DES MATHEMATIQUES. Pa»t.. V. Liv. VI. z 99la mer, quand elle vient se briser contre les rivages. Si le corpsest soumis à faction de forces étrangères, la somme des airesdécrites pendant l’élément du temps n’est plus une quantité cons-tante , mais il est aisé d’obtenir sa variation qui est indépen-dante de la liaison mutuelle des parties du système. Cela posé,si l’on conçoit une masse en partie fluide et en partie solide,dérangée de l’état d’équilibre par faction des forces très-petites,qui laissent en repos son centre de gravité, la somme des airesdecfites pendant l’élément du temps, sera ( aux quantités prèsdu second ordre ) la même que si la masse eut été entièrementsolide. Delà il suit qu’après un temps quelconque la somme desaires sera encore la même dans les deux hypothèses.
Cela posé, considérant la terre comme un sphéroïde de ré-volution , très-peu différent dune sphère, et recouvert d’unfluide de peu de profondeur, fauteur évalue la somme des airesdans les deux cas dont nous avons parlé; et égalant ces deuxsommes entr’elles, il en déduit que les mouvemens de la terreautour de son centre de gravité, sont les mêmes que si la merformoit avec elle une masse solide. Il étend ensuite cette dé-monstration an cas où la terre auroit une figure quelconque.
Après avoir établi ce beau théorème, le cit. de ia Place exa-mine si les vents alizés qui souflent constamment d’Occident enOrient, entre les tropiques, n’altèrent pas le mouvement derotation de la terre par leur choc contre les continens et lesmontagnes qu’ils rencontrent, mais le principe des aires faitbientôt voir que ces vents, produits par la chaleur solaire, nesauroient produire un pareil effet, puisque cette chaleur dila-tant également les corps dans tous les sens, la somme des airesn’en est pas altérée ; en sorte que pendant que les vents alizés qui ontlieu à f équateur , diminuent le mouvement de rotation de la terre,les autres mouvemens de l’atmosphère, qui ont lieu au-delà destropiques, en vertu de la même cause, accélèrent ce mouve-ment de la même quantité. L’auteur applique ce raisonnementaux tremblemens de terre, aux torrens, et en général à toutce qui peut agiter la terre dans son intérieur et à sa surface,et il en conclud que ces causes ne troublent en rien le mou-vement de rotation de la terre, qui ne pourroit être altéré quepar le déplacement de ces parties; mais cet effet, pour êtresensible, supposeroit de grands changemens dans la constitu-tion intérieure de la terre.
La constance du mouvement de rotation de la terre est dela plus grande importance, puisque c’est d’elle que dépend ladurée des jours. Ce théorème et les recherches précédentes defauteur, dans lesquelles il détermine f effet de la réaction deseaux de la mer sur l’axe de la terre, sont bien propres à prouver