DES MATHEMATIQUES. Paut. V. Liv. VII. 3 a 3Erhard Weigel est celui dont on a suivi le projet, qui consistoità retrancher du calendrier onze jours , et à régler la íête dePâques , par le calcul astronomique, sur les Tables rudolphinesde Kepíer , selon le premier concile de Nicée. Le Danemarck ,la Suède, les Provinces-Unies , les Cantons Suisses ont suivil’exemple des Protestans d’Allemagne. L’auteur avoue que cetteréforrnation du calendrier est encore sujette à de grands défauts,quelle met en danger de célébrer Pâques avec les Juifs, et des’éloigner insensiblement de la manière de compter des Catho-liques. La Diète avoit chargé trois fameux mathématiciens deperfectionner le projet de Weigel; et sélecteur de Brandebourgétablit une académie qui devoit travailler sur le même dessein.Ainsi tout le courant du siècle dernier, on comptoit le 10 marsdans toute l’Allemagne protestante, en Suède et en Angleterre,tandis que dans l’Allemagne catholique , la France , P Italie etl’Espagne, on en étoit au 20 mars, et ainsi de tous les autresjours de Tannée , moins avancés de dix jours dans les premièresde ces contrées que dans les dernières. Il seroit venu un tempsoù 1 on eût été en décembre dans les pays dont nous parlons ,pendant que nous aurions été au mois de mars , et à feutréedu printemps.
On sentit eníin vers la fin du siècle dernier , en Allemagne ,la nécessité de se rapprocher du reste de l’Europe , et de semettre mieux d’accord avec le mouvement du soleil ; car lesdissidens de Rome ne pouvoìent se dissimuler que le calendrierdont ils se servoient, ne fût si vicieux, qu’il falloit une correc-tion quelconque. L’histoire de cette réforme partielle présentequelques traits qui nous engagent à entrer ici dans des détailsque nous avions négligés dans notre première édition.
Malgré l’importance dont étoit la correction dont nous par-lons , on avoit atteint Tannée 1696 sans qu’on s’en fût pourainsi dire occupé. Ce fut Christian V , roi de Danemarck ,qui donna le mouvement à cette opération ; il y fût excité parune conversation qu’il eut avec Roemer, à l’occasion de la pré-sentation du calendrier auquel, en sa qualité de premier astro-nome , il présidoit. Christian chargea, en 1696 , Roemer d’écrireà son ministre auprès du roi de Suède , pour engager ce mo-narque à se joindre à lui. Erhard Weigel, mathématiciende lena , et homme d’une grande réputation , étant venu àCopenhague , eut avec Roemer plusieurs conférences sur laréforrnation du calendrier, et entra parfaitement dans ses vues.Roemer le présenta au roi, qui non seulement Taccueillit beau-coup j niais le chargea d’aller en Suède , pour en conférer avecles mathématiciens de ce pays. Roemer écrivit aussi à AndréSpole, le principal des mathématiciens, pour l’engager à mettre,