3z4 HISTOIRE
conjointement avec le ministre danois, le ministère suédois dansce projet. Spole répondit d’abord à Rocmer par une lettre danslaquelle il proposoit un système particulier de réforme qui ,loin de diminuer la confusion, l’eût augmentée; il eut néan-moins le bon esprit de se rendre aux observations contenuesdans une seconde lettré de Roeiner dont l’avis étoit d'adopterpurement et simplement la correction grégorienne. Mais il neparoît pas que Spole ait eu aucune part de plus à cette affaire.Son avis ayant été communiqué à Jean Bilberg , théologien etmathématicien , celui-ci en fit valoir un qui , comme nous leverrons plus bas , valut à la Suède l’avantage d’avoir un ca-lendrier qui pendant douze ans ne s’accorda avec aucun desautres.
Erhard Weigel étant néanmoins retourné en Allemagne,muni de recommandations puissantes de Christian auprès desprinces d’Alleinagne , et aidé du ministre danois à la Diète ,parvint enfin à mettre le corps évangélique en mouvement surcet objet. On nomma une sorte de commission qui fut com-posée de Weigel, de Sturm , professeur de mathématiques àAltdorff, et d Tla m berger , professeur à Iena. Mais Weigel étantmort au mois de mars 1699, on adjoignit aux deux autres JeanMeyer, professeur à Ratisbone, et ce fut sur eux , et principa-lement sur ce dernier, que roula ensuite l’affaire du calendrier.
On juge aisément que dans la circonstance où l’on se trou-voit, les mémoires et avis adressés à la Diète furent nombreux.Parmi ces avis, il y en eut de fort bizarres; les mathématicienssuédois , entraînés par l’autorité , je ne sais quelle , de Bilberg,proposèrent les moyens les plus ridicules de correction, ou plutôtde confusion perpétuelle; car il falloit, selon eux , retrancherd’abord à la fin de février 1700, sept jours; et ensuite omettrédes années 1704, 1708, 1712, les intercalations; au moyen dequoi l’on se seroit trouvé en 1712 d’accord avec le reste del'Europe; c’étoit en quatre temps acquérir ce qu’on pouvoitfaire en un seul avec la môme Facilité. 11 s vonloient d'ailleursqu’au lieu d’omettre dans quatre années centenaires trois bis-sextiles, comme on fait dans le calendrier grégorien, on adoptâtl’intercalation gélaleène qui consiste à omettre à chaque trente-deuxièine année le jour intercalaire, et à n’intercaler ce jourqu’à la trente-troisième année, ce qui eût eu l’inconvénient de nes’accorder à compter le môme jour avec le reste de l’Europequ’environ trente-deux fois dans quatre cents ans.
Un autre proposoit quelque chose de plus singulier encore.Reiher , professeur en Allemagne , crut qu’il fan droit pour ceteffet diviser le jour naturel, non en 24 heures, comme on faitordinairement, mais en 29 heures longues et en dd courtes, ou,