DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VII. 3 7 t
Mais voici une difficulté à laquelle les fondateurs de l’astro-logie durent d’abord parer. Si tous ceux qui naissent, Marsétant dans le lion ou dans un certain aspect avec le lion doiventdevenir des héros, voilà bien des héros dans l’univers, et il n’yen a déjà que trop. II falloit donc des modifications au moyendesquelles le plus grand nombre resteroit dans la classe ordi-naires} ainsi il y eut des planètes amies et des planètes enne-mies ; des positions où elles conspiraient, d’autres où elles secontrarioient. Vénus fut amie de Mars et ennemie de Saturne;car les femmes aiment les guerriers, et non pas les vieillards.Les astres ennemis se réconcilient cependant, suivant certainsaspects, et les amis se brouillent ou sont en froid suivant d’autres :
1 aspect de trine par exemple, ou à la distance de 12 , 0 ° ; celuide sextile ou à la distance de 6o° ; supposition, la quadra^turc, l’octant produisoient d’autres*'effels. Enfin il y avoit lesaspects ascendans et les aspects descendans, les levers et lescouchers, les culminations ou passages par le méridien, <Stc.De tout cela devoit naître une complication au moyen de la-quelle étant données la naissance et la mort d’un homme quellequ’elle fût, un habile astrologue ne pouvoit manquer de trouver,selon les règles de l’art, que son dernier moment et tous lesévénemens de sa vie étoient écrits dans le ciel. Mais malheu-reusement pour ces devins , il n’en étoit pas de môme quandon se bornoit à demander le temps et le genre de mort, enconnoissant seulement la naissance, ou vice versa. C’étoient-lkqu’ils étoient en défaut, comme on l’a vu souvent par desexemples illustres.
Ce sont les Caldéens et les Egyptiens qui furent les inven-teurs de ce vain art ; les premiers se rendirent même si célèbresen ce genre, que le nom de Caldéen et celui d’astrologue oudevin par les astres furent synonymes. Ce fut surtout la foliede ces peuples , et à ce qu’il paraît Tunique motif qui les en-gagea à cultiver Tastronomie proprement dite , ou la sciencedu cours des astres. Car on ne pouvoit pas toujours observerla position des astres au moment de la naissance d’un individu.11 falloit donc , au moyen de la connoissance du moment decette naissance déterminer d'une maniè;e quelconque la con-figuration ou le lieu de ces astres. Tel lut l’aiguillon qui portales hommes à s’appliquer à démêler les inouvemens des planètes.Ce n’étoit pas assez que Tesprit humain cherchât à découvrir lanature ou l’arrangement des corps célestes, et le système de l’uni-verspour lui-même,maisil désirait le connoître pour déterminerà chaque instant la position des corps qui le composent, etpar-là les événemens qui dévoient s’en suivre. Peut-être mêmeest-ce à ce frivole motif que nous devons la conservation de