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HISTOIRE
presque tous les ouvrages mathématiques à travers tant de sièclesbarbares qui nous séparent de la Grèce savante. Car quel pou-voit être l’appas des vérités purement géométriques d’un certainordre pour des hommes aussi enveloppés dans la matière? Maisl’ariíhmétique, la géométrie, l’optique même telle qu’elie étoitalors etoient des échelons pour arriver à l’astronomie. Celle-ciétoit le préliminaire à toute prédiction astrologique. La pas-sion, la folie pour l’astrologie furent donc ce qui conserva tousles livres anciens qui traitent de ces sciences , et c’est ce quenous avons voulu dire au commencement de cet article , enparlant des obligations qu’eut l’astronomie solide à l’astrologie.
Les Caldéens et les Egyptiens paroissent avoir été les pre-miers peuples infectés de la coníiance en ce vain art. SuivantSuidas ( 1 ) le fameux Zoroastre en fut le fondateur chez lespremiers, et lut suivi par Hostanes duquel les Egyptiens et lesGrecs reçurent cette doctrine : on cite encore Belèzes, qui, dit on,prédit à Arbace la victoire qu’il remporta sur Sardanapale. 11n’étoit pas bien difficile de prédire la défaite ou la défectiondes troupes d’un prince que sa tyrannie et sa vie voluptueusefaisoient à la-fois abhorrer et mépriser. Un homme enfin quise fit un grand nom dans ce genre futile fut le fameux Bérosequ on doit, à ce que nous pensons, distinguer de l’historien,et qui établit dans l’île de Cos une école des sciences culti-vées dans sa patrie. On rapporte que ses prédictions lui firenttant d’honneur dans la Grèce qu’on lui éleva à Athènes unestatue. On peu douter de ce fait rapporté par un seul historien;mais il paroît que la Grèce, lui dût des choses plus utiles quel’astrologie, savoir le premier cadran solaire et la division dujour naturel en douze parties égales. Les Grecs au surplus neparoissent pas avoir fait grand cas de ce vain art de prédirel’avenir; car les prédictions d’Hésiode, d’Eudoxe, de Callippus,d’Aratus, d’Hipparque et des autres auteurs de calendriersgrecs, n’étoient qu’une météorologie fondée sur le mouvementdu soleil et sur l’expérience. On ne trouve que bien long-tempsaprès des ouvrages grecs prétendans enseigner la destinée deshommes d'après l’inspection dés étoiles.
Quant aux Egyptiens, leur attachement à l’astrologie judiciaireest constaté par le témoignage de Diodore de Sicile 2 ) etde Porphyre (3), car le premier dit que leurs prêtres avoieíîttrouvé, indépendamment du cours des planètes, leurs influencessur la génération des hommes et sur ce qui devoit leur arriverde bon ou de mauvais; et suivant le second, les Egyptiens
(i) Tit. Astronomia.(a) Lib. II. cap. 3.
(3) Epistola ad Anebonem.