DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VII. 3;5
parle avec mépris dans son second livre de Divinatione. Varronn’en pensoit pas mieux ; Sénèque la traite d’art chimérique;Sextus Empiricus la combat avec des armes solides; enfin lephilosophe Favorinus chez Aulngelle, livre XIV, expliqueraisonnablement comment les astrologues font des dupes. Plu-sieurs décrets du sénat de Rome proscrivirent ces imposteurssous le nom de mathématiciens, qu’iis s’étoient arrogé selonAulngelle. Quelques empereurs , Tibère lui-même, quoiqu’il eùtà ses gages Trasyllus , les persécuta à toute outrance ainsi queDioctétien et Vitellius qui f'aisoit tuer tous ceux qui lui étoientdénoncés. Le seul soupçon sufïisoit pour attirer la peine demort. Ainsi il étoit dangereux de cultiver Pastronomie même, cardes calculs vraiment astronomiques pouvoient passer pour une sup-putation astrologique ; comme on a vu en 1767 Trebuchet, astro-nome d Auxerre, passer en Bretagne pour espion , être dénoncéet an été comuie tel d’après des calculs d’une éciipse qu’il avoitlaissés sur une table de son aubeige ; et qui plus est, avoir peineà se justifier auprès de Tintendant de la province.
On sent aisément que la religion chrétienne en commençantà s etendre à Rome ne pouvoir que proscrire l'astrologie. Lemoindre íoible pour elle, étoit puni par l'expulsion de la sociétéchrétienne; et en effet, les dogmes astrologiques sont incom-patibles avec ceux du christianisme ; que dis je , de toute mo-rale et législation humaine ; car si tout ce qui doit nous arriver,c’est à-dire tout ce que nous devons faire pendant notre vie,dépend de la configuration des corps célestes au moment denotre naissance, quel mérite a l’homme de bien sur le scélérat?
Les Européens ayant reçu, par l’entremise des Arabes, lespremières notions de l’astronomie, elles leur parvinrent im-prégnées de leur foible pour l’astrologie. En général, dans tousces siècles obscurs qui précédèrent la renaissance des scienceset des lettres, ou ne doutoit pas de l’influence des astres surla destinée des hommes, et la plupart de ceux qui étudioientOu cultivoient l’astronomie, ne le faisoient que dans cette vue.A la vérité, suivant qu’on étoit plus ou moins religieux, onmodifioit cette influence : on la bornoitan physique de i’homme,aux variations de la température de l’air, à í’effet des remèdesou bien on l’étendoit jusques sur les qualités morales. Mais quile croiroit, qu’un cardinal de la i>. £. R. (le cardinal d’Ailly )fût assez occupé de la croyance h. l’astrologie pour oser dresserle thème astrologique de Jésus Christ, de la naissance duquelconnoissant ou croyant connoître le moment , il ne manquapas de trouver écrit dans le ciel tous les événemens de sa vieet surtout sa mort? La manière dont il échappoit au reproched’une véritable impiété n’étoit pas moins ridicule que l’asser-