DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. VIII. 3 97
Mais ces deux ouvrages forment plus de mille pages in- 4°.L’ouvrage deBouguer est fort long, parce qu’il n’avoit pas tou-jours eu en vue l'homme pour qui il écrivoit. 11 est souventtranscendant quoiqu’il démontre ailleurs les choses les plus élé-mentaires; d’ailleurs il s’est beaucoup étendu sur des propo-sitions curieuses, mais qui laissent le regret de les voir établiessur un fondement vicieux, sur une théorie de la résistance desfluides contrariée par Inexpérience. Duhamel a écrit avant que lesystème actuel Renseignement fût établi. Gêné en quelque façonpar l’ignorance des sujets pour qui il écrivoit, il n’a pu êtrecourt, et il a dû travailler beaucoup pour n’être pas plus long.
Epargner aux commençans la lecture de ces deux ouvrages,ne rien laisser à désirer au moyen d un traité de 4°o pages in- 8°.c’étoit faire une chose utile : tel fut le but du cit. Vial. 11 a cons-tamment en vue le sujet qu’il instruit, c’est-à-dire, pour l’intel-ligence de sa première partie, un élève qui sait les deux outrois premiers volumes de Bezout, et pour l’intelligence de laseconde, celui qui sait tout le cours; au moyen de quoi il endit d’autant moins que cet académicien en a dit davantage. IIne dit rien qui ne soit fondé sur des principes géométriquesqu’il a établi quelquefois , mais pour lesquels il renvoie leplus souvent aux articles.
L’auteur enseigne à former des maîtres-couples, ( sectionstransversales, ) des couples ou couples extrêmes , à faire des ré-ductions pour les couples intermédiaires, des plans verticaux,tant selon la longueur que selon la largeur des navires; desplans horizontaux, des plans obliques selon les lisses qui envi-ronnent le navire. Pour la pratique de ces divers objets, il a puisésouvent dans l’ouvrage de Duhamel. II applique ses méthodesà une gabare de 8o pieds de longueur, sur les fonds de la-quelle il fait voir que l’on peut construire un vaisseau de 66pièces de canon , en en doublant les dimensions. II passe ensuiteà la cubature de la carène, tant hors-d'oeuvre, pour obtenir ledéplacement, que dans œuvre, pour se procurer la jauge du na-vire. II donne des méthodes de faire des échelles de la solidité,dont on néglige trop l'usage.
II traite aussi des différentes espèces de navires, d’abord som-mairement de ceux de marche ; ensuite d une manière assezétendue , des autres espèces, avec supplication à une flûte dansle goût des bâtimens du nord. Enlin, des vaisseaux de ligneavec application à un vaisseau de 74 canons, qui est celui donton fait plus de cas, et que l’on pratique le plus. II calcule lastabilité, la place du métacentre, les formes de carène qui lefont baisser ou monter dans l’inclinaison du navire ; le centrede gravité de la partie submergée, considérée comme homo-