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Tome quatrième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VIII. 4°3

Mais ce moyert, le premier que suggéra l’imagination pourfaire mouvoir un corps nageant clans un fluide profond, dût bien-tôt paroître insuffisant cjuand on entreprit des navigations unlongues, ou dans des mers un peu dures. Aussi i’usage dea voile paroît-il presque aussi ancien que l’origine de la na-vigation ; ets’il n’a pas entièrement exclu çelui de la rame parmiles anciens c est qu’ils ne sortirent guère des mers médiocresou petites, comme la Mediterranée, la mer Rouge. La voileseule paroît avoir été employée par les navigateurs de l’OcéanIndien.

La rame est dans notre navigation, actuelle un moyen rare-ment employé ; il Test cependant encore dans certains bâtimens,comme les galères; ainsi nous avons cru devoir lui donner placeet en faire connoître la véritable théorie, d’autant qu’elle futmal connue des anciens. Us virent bien à la vérité que la rameétoit une espèce de levier; mais ils sp trompoient en la regar-dant comme un levier de la première espèce , où le point d ap-pui est entre la puissance et le poids à soulever. L est un levier dela seconde espèce et d’une nature particulière , où le poids àmouvoir est entre la puissance et le point d’appui, et le pointd appui au lieu d’être absolument fixe, est lui-même mobile ,mais cependant où l’extrémité de la rame éprouve une impres-sion plus forte que celle que la résistance du poids, ou duvaisseau qui doit aller en avant, oppose au point de la rameoù cette résistance est appliquée. Ainsi le batteau ou vaisseauest poussé en avant par l’excès de l’un des efforts sur l’autre.

Bouguer donna des calculs sur cette matière dans son Traitédu navire, en 1746, et Euler dans les Mémoires de Berlin,en 1747 ; mais dom Georges-Juan, dans son Examen maritimeen 1771 , combattit les résultats de Bouguer; celui ci prétendoitque plus la partie extérieure de la rame est courte, la paleétant augmentée à proportion, aíin que son mouvement soittoujours le même, plus la vitesse de l’embarcation (ou du navire)doit être grande. C’est d’après ce principe qu’il fonde tout soncalcul qui, par conséquent doit partout se ressentir du vice duprincipe. Le motif qui a déterminé cet auteur à augmenter lapale, est qu’il a imaginé qu’en diminuant la partie extérieurede la rame, le rameur ne pourroit pas contrebalancer le mou-vement de la pale , attendu que le moment qu’il employé esttoujours constant et doit être égal à celui de la pale. Cetteerreur vient de ce qu’il n’a considéré ces moinens que commesimples et non comme des momens d’inertie, tels qu’ils le sonteffectivement : que la pale soit grande ou petite , le rameur parson effort fait toujours équilibre à son moment, parce que cemoment est le produit de la résistance que la pale éprouve dans