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l’cau par sa distance au centre de rotation de la rame, et larésistance est comme la vitesse de la pale, si cette vitesse estpetite. En mouvant la pale avec plus de vitesse , on augmen-tera son moment, sans qu’ilsoit nécessaire d’altérer sa distanceau tolet, point d’appui de la rame; et au contraire si l’on di-minue la distance au tolet on augmentera le moment sans al-térer la pale , en la mouvant seulement avec plus de vitesse.Les marins connoissent parfaitement tout cela. On observeraencore qu’avec la même rame, on ne fait pas toujours usagede la même pale ; quand le rameur enfonce dansl’eau nue moindreportion de la rame, il la tire avec plus de vitesse , et récipro-quement ; l’une et l’autre manière de ramer est bonne suivantles circonstances, la première quand la mer est calme, et qu'ilne fait point de vent, et l’autre dans le cas contraire : c’est or-dinairement le défaut d’expériei'ce qui fait tomber les géomètresdans de pareilles erreurs. En supposant la pale infinie, casdans lequel Bouguer prétend que la vitesse de i'embarcation se-roit aussi infinie, cet auteur est si éloigné de la vérité , quemême cette vitesse seroit nulle. Outre ces défauts et l’omissionde beaucoup d’autres attentions absolument nécessaires, le calculdépend encore du principe que les résistances qu’éprouve l’ein-barcation sont comme les quarrés des vitesses, et par consé-quent il est parvenu à de nouveaux résultats non moins éloignésde la vérité.
Euler, dans les Mémoires de l’Académie de Berlin , de ij 47 *traita de la théorie de la rame avec grande attention. II fit re-marquer l’erreur de Bouguer et fit entrer dans son calcul beau-coup de considérations nécessaires ; mais 11 fonda toutes sesrecherches sur le même principe , que les résistances des fluidessont comme les quarrés des vitesses : en outre , quoiqu’il aitégard au poids de la rame, qui est une considération nécessaire ,ce n’est pas pour le retrancher de la force qu’emploie le rameur,comme cela devroit être, puisque ce poids est pour lui la caused une fatigue continuelle, il fait seulement usage de cet élé-ment pour faire remarquer que dans l’action du rameur, ilproduit une quantité de moment : mais Juan a fait voir que cettequanlité est négligeable. II y a aussi un excellent traité des ramesdans la pièce de Daniel Bernoulli qui remporta le prix de l’A-cadémie en ; on y trouve une savante théorie de l’éco-nomie des forces et de leurs effets et des calculs importans fondéssur l’expérience.
Mais la théorie des rames a été traitée par D. G. Juan en 1771d’une manière neuve, et l’accord des résultats du calcul avecles faits que présente la pratique lui fournit une nouvelle con-firmation de la théorie des résistances. II donne des formules