DES MATHEMATIQUES. Part V. Liv. VIII. 4°7
Cette science et l’analyse auroient acquis des forces qu ellesn’ont guère que depuis le commencement du dix - huitièmesiècle.
Cette difficulté porta donc l’Académie des sciences, en 1726 ,à proposer pour le sujet d’un de ses prix de 1727 , la ques-tion de la mâture des vaisseaux. II s’agissoit de déterminerquelle est la meilleure manière de mâter les vaisseaux ,tant par rapport a la situation , qu 1 au nombre et a la hauteurdes mâts.
Cette question paroît avoir été l'origine de toutes les re-cherches et méditations qui ont principalement occupé Bouguerpendant une grande partie de sa vie ; car dans la pièce qu'ilenvoya pour ce prix , on trouve le germe de toutes ces re-cherches : ce fut aussi celle qui fut couronnée , et l’on futétonné que ce fût l’ouvrage d’nn aussi jeune géomètre , carBouguer n’avoit que vingt-sept ans , étant né en 1698. Deuxautres pièces, l’une Françoise , l’autre latine , furent citéesavec éloge par l’Académie et jugées dignes de l’impression.La première étoit de Camus, et la seconde de Daniel Bernonlli.
L'elfe t de la voile pour faire avancer un vaisseau auquelelle est appliquée , paroît d’abord assez simple ; mais il y entrecependant des considérations de dynamique assez lin es pouravoir échappé, avant Bouguer , à tous ceux qui s’étoient oc-cupés de ce problème.
Les anciens , à l’exemple d’Aristote , voyoient dans le mâtd’un vaisseau un levier , mais il falloit lui trouver un pointd’appui , et ils ne savoient où le mettre. Or l’expérience aappris que l’énergie des voiles supérieures , toutes choses «Bail-leurs égales , est bien plus grande que celle des inférieures.II falloit donc envisager cet objet sous un antre point de vueque celui du levier. Nous allons le faire d’après Bouguer , etdévelopper la manière dont agit la puissance appliquée à lavoile ou au mât pour pousser le vaisseau en avant.
Soit une ligne AB (7%. 14) chargée de poids dont C soitle centre de gravité ; soit implantée en D une droite perpen-diculaire DE et une puissance appliquée en E dans une di-rection EF ; il est d’abord évident que si le point E coïncidoitavec le point D , cette puissance ne feroit autre chose quemouvoir la ligne AB dans la direction DA ; mais appliquéeà un autre point quelconque E , elle tendra à lui imprimeren mêtne-temps un mouvement de rotation par lequel tandisque le point A sera abaissé , le point B sera soulevé vers leHaut. II est inutile ici d’examiner autour de quel point se feracette rotation ; car sur cet article , Bernoulli ne pensoit pas