DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VIII.
les^ voiles et la manière de les orienter pour produire 1 effetqu’on a en vue. On doit aussi y joindre l’eflet du gouvernail,qui fait obéir le vaisseau par sa résistance latérale. Nous trai-terons à part ces dií’férens objets, après avoir donné une idéede l’ouvrage du chevalier Renau.
Comme il est rare qu’un vaisseau marche vent-arrière , etqu’au contraire le plus souvent il ne marche que par une im-pulsion oblique sur ses voiles, le premier pas à faire dans cetterecherche étoitde déterminer quelle direction un vaisseau devoitprendre dans ce cas. Pour cela Renau décomposant la forced’impulsion , qui est toujours perpendicnlaiie à la voile, endeux parties , l une dans la direction de la quille, l’autre clansune direction perpendiculaire à celle-ci, observe que si levaisseau avoit une égale facilité à fendre l’eau par le flanc etpar la proue, il suivroit la diagonale du rectangle établi surcette direction de la force d’impulsion par les deux lignes ,l’une perpendiculaire à la quille , l'autre dans sa prolongation,mais un vaisseau a incomparablement moins de facilité à fendrel’eau par le flanc que par la proue. 11 faudra conséquemmentétablir entre ces lignes un rapport semblable à celui de cesfacilités , et la diagonale de ce nouveau parallélogramme serala route que prendra le vaisseau, et l’angle fait par cette ligneavec la quille prolongée sera la dérive.
La vitesse d u vaisseau sera aussi donnée , et il trouve queles lignes qui l’expriment respectivement sous les diverses in-clinaisons de la voile à la quille , partant d’un même point,ont leurs extrémités dans un demi-cercle décrit sur la quillecomme diamètre , ce qui le met à portée de résoudre avecélégance divers problèmes relatifs à la position de la voile ,suivant les objets qu’on peut se proposer , comme de serrerdavantage le vent , de marcher avec le plus de célérité dansune direction donnée , &c. 11 examine aussi faction du gou-vernail et sa position la plus avantageuse. Surtout cela il règnedans cet ouvrage une géométrie et une mécanique plus sa-vantes qu’on n’étoit en droit de l’attendre d’un homme quiavoit passé la plus grande partie de sa vie dans les campsou dans des expéditions navales (>).
L’ouvrage de Renau portoit sur des f on de m en s si spécieux fqu’il fut généralement reçu comme un ouvrage fondamentalet présentant les vrais principes de la manœuvre ; mais il ne'parut pas tout-à-fait tel à Huygens, et cela engagea entre luiet Renau une discussion scientifique qui dura quelques années.Huygens contesta en effet à Renau le principe qu il employoit
(O Voyez son éloge dans VHistoire d.e Vj^çodetnie de lyig.
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