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Tome quatrième.
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4 13 HISTOIRE

pour déterminer la vitesse du vaisseau ; il proposa ses objec-tions dans le Journal de la République des lettres ; Renany répondit ; Huygens répliqua , et la contestation en resta làpour le moment : d’aillcurs , Huygens mourut en i 6 q 5 . Maiscette dispute ayant partagé les mathématiciens, le marquis del’iiôpital désira savoir ce qu’en pensoit Jean Bernoulli, et luien envoya un exposé d’après lequel celui-ci se rangea du côtéde Ilenau.

Cette espèce de triomphe auroit peut-être duré beaucoupplus long-temps , si un nouveau mémoire de Renau , publiéen 1712, sur la question agitée entre lui et Huygens, n'eutété pour Bernoulli un motif d’examiner encore de quel côtéétoit la raison. Informé par Montmort que ce mémoire alloitvoir le jour , il lut enfin le livre de Renau , qn’il n’avoit pasencore eu occasion de voir ; cette lecture le convainquitqu’il avoit eu tort. Non-seulement il trouva que Huygens avoiteu raison en prétendant que le principe de Renau étoit erroné,mais il reconnut encore une autre méprise importante touchantla dérive, que Huygens n’avoit pas remarquée, et m^me qu’ilavoit passée comme une vérité. Ce fut pour lui l’occasion detravailler sur la même matière et de résoudre les mêmes pro-blèmes d’après les vrais principes. Cet objet et divers autresde pure géométrie , relatifs à la résistance que les différentesfigures éprouvent en se mouvant dans un fluide ; leurs direc-tions , la courbure des voiles et leur force moyenne, &c. &c.formèrent bientôt entre ses mains un volume , qu’il publia en1714 sous le titre à'Essai d’une nouvelle théorie de la ma-nœuvre des vaisseaux.

Mais avant que cet ouvrage de Bernoulli parût, Renau ayantfait imprimer son mémoire en envoya un exemplaire à Bernoulli.Celui-ci lui répondit par une lettre fort polie, mais où il nedéguisoit point la vérité, et où il lui faisoit part des raisonsqui lui démontroient les deux méprises dont nous avons parlé ;Renau lui en adressa une aussi fort honnête où il établissait, ilfaut en convenir, par des raisonnemens spécieux, sa -manièrede penser; mais ils ne convainquirent pas Bernoulli, qui ré-pliqua par une autre lettre. Renau ne répondit rien à celle ci,,soit qu’il reconnût la vérité, soit qu’il ne jugeât pas à. proposde con lester davantage. On trouve ces dernières pièces à la'suitede XEssai dont nous avons parlé plus haut, et dans le secondtrime des (Euvres de Bernoulli, qui comprend aussi Xlassai d»sa- nouvelle Théorie. II est temps maintenant d’entrer dansí desdétails- sur les objets de cette contestation.

Le premier est la vitesse imprimée au vaisseau dans les routesobliques. Vdici le raisonnement de Renau : Soit un .vaisseau