4i6 HISTOIRE
fît d’abord cette supposition pour simplifier sa recherche desvéritables principes du mouvement d’un vaisseau. II passe bien-tôt après à une hypothèse qui approche davantage de la réalité;c’est celle où le vaisseau auroit la forme d’un rhombe allongé,dont la grande diagonale seroit la quille. 11 examine dans cettesupposition la route que tiendroit dans un fluide une pareillefigure mise en mouvement par une force appliquée à une voilefaisant un angle quelconque avec la quille. Il y a plusieurs cas,suivant que dans le mouvement de la figure, le fluide frappeles deux côtés contigus ou un seul. Bernoulli assigne clans cesdifférons cas l’impression que recevra la figure, du fluide quila frappe, et sa direction à laquelle doit être directement op-posée celle qui agit sur la voile.
Bernoulli vient enfin àune supposition qui se rapproche encoredavantage de Tétât réel des choses. 11 suppose que la carènedu vaisseau est formée de deux courbes ayant pour axe communla quille. C’est ici qu’il faut le secours d’une géométrie plusélevée ; car il faut d’abord déterminer la quantité de résistancequ’une ligne courbe frappée par un fluide éprouve , compara-tivement à sa base, et c’est en effet d’abord ce que Bernoulliétablit par une formule différentielle qui prend une forme finielorsque d’après Téquation de la courbe on y a substitué la valeurde la différentielle d’une des coordonnées exprimée par l’autre.
II en résulferoit des difficultés de calcul inextricables, si pourla courbe des flancs du vaisseau Ton prenoit la courbe véritablequi d’ailleurs varie depuis la quille jusqu’à la ligne d’eau. MaisTon peut supposer cette courbe être formée de deux arcs decercle sur une même corde qui représente la quille, et cettesuppositionapproched’autant plus de représenter i’étatdes choses,qu’en effet vers le milieu du tirant d’eau la courbure des flancsd’un vaisseau va se terminer eu angle vers l’étambot en arrièreet vers l’étrave en avant, si ce n’est que vers la dernière elleest plus arrondie, et qu’en général un vaisseau a sa partie an-térieure, jusqu’au deux cinquièmes environ de la proue,-plusrenflée que la partie de barrière. On en verra la raison lorsqu’ilsera question du gouvernail.
En supposant donc le vaisseau ainsi formé par deux arcsde cercle, Bernoulli analyse les différens cas suivant lesquelscette figure pourra être choquée par le fluide dans lequel ellemarche ; il y en a plusieurs ; car si le vaisseau suit la direc-tion de la quille, les deux côtés seront choqués egalement ; s’ilmarche avec une certaine obliquité , il peuvent être choquésT u n et l’autre, mais inégalement; enfin , il y a une obliquitéde marche qui est telle, que T un des flancs est absolument dé-robé au choc de l’eau.
II