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Tome quatrième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. Y. Liv. VIII. 427avoir une vitesse de 77 pieds y pour que le vaisseau parcourût11 milles, ce qui forme un ouragan complet.

Ces résultats étranges firent d’abord croire à Juan qu’il pou-voit y avoir quelques erreurs de calcul ; mais avant calculé denouvelles formules, il demeura convaincu que la faute venoitde la théorie adoptée. En traversant de Cadix au port Sainte-Marie dans un canot, et mesurant le sillage avec exactitude,tandis qu’on mesuroit à terre la vitesse du vent j l’auteur a trouvépar des expériences réitérées, et à son grand étonnement, quele canot alloît à-peu-près aussi vîte que le vent, de sorte quecelui-ci parcourant 10 à ti pieds, le canot en parcouroit à-peu-près 10 : phénomène qui paroîtra singulier , surtout à ceux quiont cru que la vitesse du vent étoit énorme à l’égard de celledu vaisseau ; mais qui n en est pas moins certain , comme chacunpeut s'en assurer en répétant ces expériences dans tous les portsqui permettent de passer à la voile d’un côté à l’autre, commedans la baye de Cadix. De cette ville au port Sainte-Marie, il ya 3 o 4 ooo pieds anglois, et le vent faisant 12 pieds par seconde ,les barques, courant vent largue, font ce trajet en i d’heure,ou 2700 secondes : ce qui donne 11 pieds ~j de vitesse à l’em-barcation.

Enfin , la théorie lui apprit non-seulement que quelques naviresdoivent aller, vent largue, presque aussi vîte que le vent,mais encore que quelques-uns ont une vitesse qui surpasse celledu vent, mais dont il donne la démonstration, non dans lesens que l’entendoit Jean Bernoulli, ( tome II. n°. XCIÏI.) c’est-à-dire qu’on pourroit déployer une voilure d’une étendue infinie ;supposition tout-à-fait chimérique, et qui ne peut s’apliquerà lapratique : mais en réemployant que ce qui est consacré par les faits,et ce qui arrive journellement dans plusieurs bâtimens tels queles galères, les chebecs, &c.

Cette idée tout étrange qu’elle puisse paroître au premier aspectn’est pas particulière à don Georges-Juan $ avant lui plusieursmarins avoient senti la possibilité qu’un vaisseau puisse avoirune vitesse aussi grande et même plus grande que celle du vent.Le célèbre amiral Anson étoit de cette opinion, ( Voyage autourdu monde, livre III, chapitre V). On peut même concevoirla vérité de cette propsition par un raisonnement fort simple.Lorsqu’un vaisseau navigue vent arrière il se soustrait conti-nuellement à faction du vent, et la vitesse du vaisseau parvientà un état constant et uniforme. Mais si le vaisseau est orientévent largue, la route faisant un angle avec la direction du vent,les voiles et autres parties du vaisseau qui sont exposées àl’impulsion du vent la reçoivent à-peu près toute entière et àtous les instans, quelque vitesse qu’ait ce vaisseau. II est donc

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