4a8 HISTOIRE
aisé de sentir que puisque dans ce cas l’impulsion du vent surles voiles n’est presque pas diminuée par la vitesse du sillage,ce choc répété sans cesse, et avec la même énergie, doit im-primer au vaisseau, toutes choses égales d’ailleurs, une vitessebeaucoup plus grande que lorqu’on cingle vent arrière. Ondoit concevoir en même temps que dans certaines positions ,il est possible que le vaisseau acquière une vitesse égale, oumême plus grande que celle du vent. Cette explication fait voirque les moulins à vent ordinaires, dont les ailes se meuventverticalement sont supérieurs à ceux qu'op a imaginés, ou qu’onpourra imaginer, qui se mouvroient horizontalement. Bouguerfait voir aussi que si le vent souflant, par exemple perpendi-culairement à la quille, les voiles étoient orientées de manière àfaire avec la quille un angle de i 5 ° quelque rapide que fût lacourse du vaisseau, il ne cesseroit d’être accéléré jusqu’à cequ’il eût pris une vitesse plus grande que celle du vent dansle rapport de 4 à 3 5 supposé toutefois que le vaisseau fût tailléassez avantageusement pour pouvoir dans une course directeprendre une vitesse égale aux ~ de celle du vent.
Mais quoique cette spéculation soit juste dans la théorie, deuxobstacles s’y opposent dans la pratique. i.°. Je doute qu’aucunvaisseau, à moins d une construction particulière , pût jamaisprendre une vitesse égale aux i de celle du vent. 2". La manièredont les manœuvres et la mâture sont disposées dans un vaisseaune permet pas d’cn disposer les vergues de manière à faire avecla quille un angle aussi aigu, c’esttout au plus si elles en peuventfaire un de 3 o à 4°° î 011 pourroit peut être ramener jusqu’à3 o°, au moyen de quelques changemens dans cet arrangement,et alors dans le cas supposé, et le vent frappant perpendicu-lairement la voile, on trouve que le vaisseau pourroit acquérirune vitesse de i,o 34 , celle du vent étant 1, par conséquent unpeu plus grande que celle du vent. Dans l’état actuel des chosesoù sangle avec la quille ne-peut pas être moindre que d’en-viron 40° , cette vitesse pourroit monter anx ~ de celle du vent,ce seroit sans doute encore nne vitesse étonnante, car un ventun peu frais fait souvent 3 o pieds par seconde ; ainsi le vais-seau en seroit 171000, ou 6 lieues marines, par heure, filant18 nœuds. On a vu quelquefois cette vitesse dans la pratique.
Le cit. Dumaitz est le premier qui ait avancé que la vitessedu vent pouvoit être de 140 pieds par seconde ; il dit quel’on convient assez généralement qu’on lui supposoit trop peude vitesse ; et certainement, vu le peu de densité de l’air, leseffets souvent désastreux du vent et des ouragans en indiquentune très-grande. II convient que ce que dit don Georges-Juande ses expériences dans la baye de Cadix y est contraire j. mais