DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VIII. 429il se fonde aussi sur l’expérience pour affirmer la vitesse de140 pieds.
£n traitant des inclinaisons des vaisseaux produites par 1 ac-tion du vent, Juan applique la théorie à la pratique, et calculeles inclinaisons qu’on observe journellement dans la navigation,ce qui ne s’accorderoit pas suivant l’ancien système des résis-tances. L’auteur explique ce qu’on a entendu par le point vëliquedont on. a cherché la position , afin d’obtenir quedes vaisseauxn’éprouvent aucune inclinaison, il fait voir l’impossibilité d unedétermination rigoureuse. II examine aussi l’accident dont lesmarins parlent quand ils disent coëffer ou masquer , lorsquele vent prend la voile par-devant; il démontre le grand risquede périr dans cette circonstance qui n’est pas encore suffisa-ment redoutée des marins. II termine enfin cette théorie desinclinaisons par l’examen des changemens qui arrivent à la sta-bilité lorsque l’on fait quelque changement, soit au volumesubmergé de la coque , soit à son poids, et il en déduit desconséquences très-utiles par leur usage journalier.
V I.
Du Gouvernail.
Parmi les puissances qui servent à la manœuvre d’un vais-seau , il n’en est point de plus importante que celle du gou-vernais Car, à quoi serviroient des voiles et toutes les puissancesqui peuvent pousser un vaisseau en avant, s’il n’avoit la facultéde se diriger à volonté , et cette faculté dépend du gouvernailqui lui fait faire tous les mouvemens et les évolutions qu’onjuge à propos.
Le gouvernail est une pièce de charpente attachée à l’arrièredu bâtiment, sur la pièce de poupe appelée Vétambot, depuisla quille jusqu’au-dessus de la floraison, et tournant sur sesgonds au gré du pilote ou du timonier. Lorsqu’on n’a vu quedes gouvernails de bateaux de rivière, on ne peut s’empêcherd etre frappé de la disproportion des uns et des autres. Celavient de la construction particulière de ces bateaux, bien diffé-rente de celle des bùtimens de mer. Dans les premiers la partiede la poupe plongée dans l’eau n’a aucun rétrécissement, etsoustrait pour ainsi dire le gouvernail au choc de l’eau ; il fautpar cette raison qu’il se prolonge fort en arrière. Mais cetteconstruction seroit impraticable à la mer ; le moindre coup demer emporteroit le gouvernail. II a fallu ne lui donner qu epeu de largeur, et par une suite nécessaire, il a fallu pincer