43o HISTOIRE
le vaisseau en arrière, ensorte que sa courbure aille, dans sesœuvres vives , mourir sur l’étambot ; par ce moyen l’eau cou-lant le long des flancs du navire va nécessairement choquerle plan du gouvernail, presque avec la vitesse dont le vais-seau est lui-même emporté. C’est ce choc qui est souvent deplusieurs milliers de livres, qui sert à faire tourner le vaisseauautour d’un axe vertical passant à-peu-près par son centre degravité.
En effet, soit dans la fig. r8 le gouvernail représenté parla ligne AB, lorsqu’il sera dans la direction de la quille, sui-vant laquelle nous supposons le vaisseau se mouvoir; il serafrappé également et fort obliquement par l’eau coulant le longdes flancs. Mais supposons qu’il soit placé dans la direction A C.Alors une de ses surfaces se dérobera en partie au choc del’eau, et l’autre s’y trouvera exposée plus directement. De la dif-férence de ces efforts résultera une puissance qui sera appliquéeà la surface plus directement frappée par l’eau, et cet effortétant résolu en deux l’un parallèle à la quille qui ne tend qu’àretarder tant soit peu le sillage, l’autre perpendiculaire à la quille ;celui ci tendra à faire tourner le bâtiment, et conséquemmentà porter sa proue du même côté où est porté le gouvernail ;et comme on ne met le gouvernail en mouvement que par unebarre A D attachée à sa tête, et manœuvrée par le timonier,et que la barre étant portée à tribord, ou à droite , le gou-vernail fait un mouvement en sens opposé, il suit que le vais-.seau porte le cap du côté opposé à celui vers lequel la barrese meut. Dans les grands vaisseaux, on gouverne au moyend'une roue, posée sous la dunète. L’art du timonier consisteà opérer ces mouvemens d une manière moelleuse; car un coupsec du gouvernail peut quelquefois jeter à la mer des hommesoccupés à certaines manœuvres ; il consiste aussi à laisser parun mouvement facile revenir le gouvernail à sa première po-sition pour lui donner une nouvelle impulsion du même côté,ou du côté opposé selon les circonstances. Car le gouvernail est
Ï iour ainsi dire dans un mouvement continuel, et d’après celae chemin du navire n’est presque jamais qu’un composé depetites lignes droites dont la direction moyenne est la routedu vaisseau.
Le gouvernail a d’autant plus d’énergie pour faire tournerle vaisseau que son centre de gravité est plus éloigné. Car lecentre de rotation est, suivant les principes de la mécanique,un peu au-delà du centre de gravité. Ainsi le vaisseau gou-vernera d’autant mieux que son centre sera porté en avant.C’est sans doute pour cette raison que tous les vaisseaux sontplus renflés par savant que par l’arrière ; cela porte le centre