43?. HISTOIRE
Ce problème , considéré dans la spéculation, n’est pas biendifficile à résoudre ; il est de la classe des premiers problèmesdc maximis et minimis. Et en supposant que les filets d’eauqui choquent le gouvernail ayent une direction parallèle à laquille , on trouve que l’angle sous lequel il fait son plus grandeffort pour faire tourner le vaisseau est celui de 54° 44 / »même que celui selon lequel les ailes d’un moulin à vent doiventêtre inclinées à leur axe pour avoir le plus de force. Mais ily a des circonstances qui changent beaucoup les données d’aprèslesquelles on envisage communément ce problème ; car à l’ex-ception des environs de la quille du vaisseau , l’eau n’arrivepoint sur le gouvernail parallèlement à sa direction : partoutailleurs et en montant de plus en plus vers la surface de l’eau,le renflement de la carène fait que si l’eau se mouvoit paral-lèlement à la quille , elle n’atteindroit même pas le gouvernail,et c’est pour cette raison que les constructeurs ont rétréci lesoeuvres vives du vaisseau vers la poupe ; mais malgré cetteprécaution , sans laquelle le vaisseau gouverneroit à peine ,l’eau n’arrive au gouvernail que sous différentes sortes d obli-quités dont il seroit impossible de déterminer la loi. En prenantnéanmoins un certain milieu entre toutes les vitesses et lesobliquités , on trouve que l’angle sous lequel le gouvernail faitsa plus grande impression , n’excède pas beaucoup 4°°-
Don Georges-Juan traite fort au long du gouvernail et deson action, relativement aux angles qu’il forme avec la quille,tant du côté du vent que du côté qui est sous le vent, et re-lativement encore à sa figure, qui contribue à son effet,quoiqu’avant lui on n’eût pas eu égard à cette circonstanceimportante. II détermine sangle sous lequel le gouvernail produitle plus grand effet ; il fait voir le peu d’avantage qui peut enrésulter , et donne les raisons qui doivent porter à donner lapréférence aux angles usités par les marins sur ceux que lagéométrie détermine.
La longueur du vaisseau diminue la facilité de gouverner; maisle cit. Dumaitz observe que les nouveaux constructeurs, maîtresde donner aux vaisseaux les différentes qualités , ont préféréd’assurcr principalement leur stabilité ou leurs forces pour porterla voile : ils ont en même-temps cherché à donner une marcheavantageuse. Cette double vue se remplissoit en allongeant lesnavires et en diminuant leur artillerie, ou ce qui est la mêmechose , en augmentant les proportions principales ; aussi l’on adonné aux vaisseaux de 64 canons la même longueur qu’auRoyal-George , vaisseau du premier rang anglois. Des frégatesde 26 canons ont eu plus de longueur que les vaisseaux deÇo canons anglois ; peut-être la supériorité du nombre de vais-seaux