444 .HISTOIRE
n’est pas vrai qye la partie du corps qui ne reçoit pas le chocfasse peu de chose à la résistance que ce corps éprouve. II détruitaussi complètement l’opinion de quelques marins , que la réu-nion des filets d’eau, après avoir choqué la proue et avoirdépassé l’endroit le plus gros de la carène, tend par la pres-sion en se réunissant vers l’arrière du vaisseau à faciliter savitesse , ou à diminuer la résistance du fluide sur le corps.
II a trouvé que les corps dont la partie postérieure est an-gulaire et allongée vers l’arrière de la partie antérieure quireçoit le choc, éprouve moins de résistance relativement àla progression de cet allongement , phénomène qui a durapport avec celui du mât flottant sur l’eau , qui éprouve moinsde résistance étant remorqué ou tiré par le gros bout que parle petit bout. D’autres expériences de solides de différentesformes et les plus allongés en arrière de la partie antérieurequi reçoit le choc , lui ont donné le moyen d’expliquer lacause de cet effet.
Le cit. Thévenard observe qu’il y a une cause directe etprimordiale qui dérange la théorie ; c’est une proue d’eauaccumulée en avant du corps , en formant une proue qui s’al-longe elliptiquement plus ou moins, en raison du plus ou moinsde vitesse et de surface, et qui reçoit le choc. C’est donc uneproue d’eau qui éprouve dans ce cas la résistance du fluide ,résistance très-variable. Cette proue est une surface composéede molécules mobiles qui roulent et glissent par un frottementpresque insensible contre les autres molécules d’eau qui viennentles toucher pendant la course plus ou moins accélérée ; cesparties intégrantes du fluide en mouvement semblent ne pouvoirêtre saisies par le calcul.
Cette proue d’eau en avant d une surface choquée avec plusou moins de vitesse , sembleroit être mie simple assertion , sion n’en voyoit une sorte de preuve dans l’expérience des bâ-timens à la mer. Si , par exemple , d’un navire cinglant avecla vitesse de trois nœuds, ou une lieue par heure , on laissçtomber de l’fextrémité du boute-hors de beaupré un petit corpsléger sur la mer , ce corps ainsi flottant ne vient pas toucherimmédiatement la partie antérieure de la proue ; mais à unecertaine distance avant que d’y arriver, il se détourne un peude la direction de l’axe du bâtiment, et passe à quelque dis-tance au large de la joue et des flancs du navire , parce queavant d’arriver au contact de la proue , il a rencontré l’obstaciede la masse immobile d’eau que cette proue pousse en avant;et si le sillage augmente de vitesse , comme de 6 nœuds ou2 lieues par heure , le choc devient double de ce qu’il étoit ;faisant alors augmenter en longueur la masse d’eau immobile