DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. VIII. 445poussée en avant ; le petit corps flottant la rencontrant a uneplus grande distance de la proue qu’elle n’étoit dans le cas dela moindre vitesse , il se détourne plutôt de la direction dede l’axe du vaisseau , et passe à plus de distance de la joueet le long de ses côtés , que dans l’autre circonstance supposée ;cette expérience est à la portée de gens les moins instruits.
Le cit. Tliévenard a beaucoup insisté sur la propriété derallongement de la partie postérieure des corps , en rétrécis-sant surtout leur extrémité postérieure ; elle est importantepour faire diminuer la résistance du fluide à leur partie an-térieure : et en rappliquant autant que peut le permettre lapratique , cette connoissance fondée sur l’expériencè sera utilepour l’art de construire les vaisseaux et pour la navigation.
II trouve que la courbe à - peu - près elliptique est Ja formequi éprouve le moins de résistance du fluide ; l’expérience l’aprouvé , et voici la cause qu’il en donne.
La masse d’eau immobile que pousse un solide cube au-devantde sa surface antérieure lorsqu'il se meut , est, comme on peutle voir à la vue simple , de forme demi elliptique , et par cetteforme antérieure de la courbe, il arrive une résistance moindreque celle qu’éprouveroitlaface du cube, si les filets d’eau venoientjusqu’à la choquer immédiatement. Ce mécanisme de Ja naturesemble indiquer que la forme elliptique d'un solide présentéeau choc du fluide, est la plus convenable de toutes pour éprouverle moins de résistance , comme les expériences l’ont fait voir ;car en courbant une ellipse , c’est-à-dire en circonscrivant uneellipse sur sangle d’un triangle équilatéral, par exemple , cedemi-ellipsoïde opposé au choc , produit une masse d’eau fortmince dans le sens de Taxe , qui ne peut que faciliter la di-vision du fluide, en adoucir le choc, et favoriser par la mo-bilité réciproque des molécules choquantes et choquées, l’écou-lement du fluide d’un côté et de l’autre de la proue par lescôtés de toute la masse du solide.
II rapporte aussi des expériences de solides mus au-dessousde la surface de l’eau , comparativement à la résistance qu’ilsont éprouvées , flottant vers sa surface , comme les bâtimensqui naviguent ; il trouve que la résistance sur ceux-ci est unpeu plus grande que pour ceux qui sont entièrement submergés.11 donne l’explication des causes d’auginentation de résistance,le solide étant mu à flcur-d’eau sur celle du même solide en-tièrement plongé à différentes profondeurs par la lame minced’eau qui s’éiève sur sa surface, causée par le choc de la faceantérieure contre le fluide, et qui le fait s’élever un peu atf-dessus de sa surface naturelle , en frappant cette face antérieurede consistance dure, qui ne cédant pas , fait céder les parties