446 HISTOIRE
mobiles de l’eau ; eelles-ci s’élevant un peu , couvrent instan-tanément ìa partie du corps mu et s’échappant vers barrièreavec une vitesse relative à celle de la course , se rident pardes ondulations très-vives , très-aiguës et très-répétées ; en fuyantainsi rapidement et comme violentées de dessus la surface ducorps , elles y causent des saccades visibles et un frottementqui retarde la course.
11 est indisféierit pour les résistances que les corps mus sousl'eau y soyent plongés de 6 , j 2 et 18 pouces,,et même plusprofondément, la masse d'eau qui les couvre et dont la partieinférieure glisse sur la suiface supérieure du solide, étant ab-solument de même nature que les parties du même fluide glissantcontre la lace inférieure et celles des côtés.
La résistance est plus grande , le solide mu exactement àfleur-d’eau , que plongé et mu au-dessous de sa surface , parcequ'11 ne peut éprouver dans ce dernier cas ces rides , ces petitesvagues , en partie onduleuses, en partie aiguës à leur sommet, lemouvement de trépidation et le frottement , forces perturba-trices qui retardent un peu la course.
L auteur voulut connoître par expérience l'effet des lignesd’eau convexes et celui des mêmes lignes concaves vers la partieantérieure de la proue pour la marche des bâtimens. Dès ì j 5 j til avoit essayé cette comparaison sur deux frégates de 26 canonsqu’il construisit à Grandville, toutes deux sur le même plan,avec des mâtures , des gréemens et des apparaux semblables ;et présidant à ces opérations pour obtenir une grande égalitéentre elles , il eut soin d’en faire les chargemens de partiessemblables pour les deux navires , tant en qualités ou pesan-teurs qu’en quantités, et il présida à l’arrimage pour qu’ils fussentégaux en tout point ; ils sortirent du port le même jour, entière-ment armés , il monta sur l’un d’enx pour comparer leurscourses et leurs évolutions , louvoyant dans la vaste baie deCancalle , pour arriver au mouillage ordinaire de cette côte.
Mais avec cette grande égalité qu’il tâchoit d’obtenir entreces bâtimens , il avoit mis une grande différence, peu sensibleaux yeux du vulgaire , qui n’en pouvoit prévoir les consé-quences : l’une de ces frégates avoit la quille plus courte de8 pieds que la seconde , c’est-à-dire que sur une même longueurabsolue de ílotaison , la première avoit 12 pieds d’élancementd’étrave , et l’autre 4 pieds seulement ; et les marins jugeoientque ce bâtiment, auquel ils voyoient ce qu’ils nommoient unepince et une forme apparente aiguë vers l’endroit le plus basde la proue, auroit l’avantage pour mieux marcher et mieuxpincer au vent que son compétiteur. Sans être entièrementopposé à cet avis, le cit. Thévenard avoit des doutes par