DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VIII. 453
sa largeur, si l’on veut que la vitesse du sillage atteigne sonmaximum. Si la vitesse étoit plus grande , le rapport de la lon-gueur du vaisseau à sa largeur seroit aussi plus grand. La longueurétant une fois suffisante pour la vitesse du sillage, on ne pour-roit que diminuer cette vitesse en augmentant ía longueur duvaisseau, puisqu’on augmenteroit par-là le frottement le longde ses côtés, mais ce frottement est peu sensible, et il ne ledeviendroit que sur des longueurs considérables.
Enfin , la dernière question que le cit. Bossut entreprit d’é-claircir étoit celle des changemens qui peuvent arriver dansla vitesse du sillage, lorsque l’on couvre d une pointe triangu-laire le milieu d’unc proue plane , ou dune poupe plane; l’ex-pétience fit voir que l une et l’autre fait diminuer la résistance,et les expériences peuvent servir à en faire le calcnl.
Don Juan , dans son Examen maritime démontre la néces-sité que la proue soit plus pleine ou plus volumineuse que la
[ >oupe; ce que les constructeurs ont toujours pratiqué contree vœu des géomètres qui ont toujours recommandé les prouesaiguës, qu’ils appeloient de moindre résistance , pour faire mieuxmarcher ; sans penser qu’elles seroient continuellement submer-gées, et que, non-seulement elles seroient courir les risquesd’un naufrage, mais encore ne produiroient aucun gain pourla marche qui est l’objet unique qu’ils avoient en vue ; car lesrésistances croîtroient à mesure que ces proues se subuierge-roient davantage par faction répétée des lames, sur le navirecomme dans les roulis et les tangages. 11 semble que les calculsdes géomètres n’aient été proposés que pour des mers enchan-tées , et non pour celles qu’on trouve le plus souvent, qui passentpar-dessus les vaisseaux, qui les inondent et les font périr. L’au-teur finit en parlant de fendroit où il convient de placer lefort, et de la figure que doivent avoir les couples pour obtenirplus de perfection dans le mouvement de tangage.
Juan trouvoit par la théorie que la résistance étoit proportion-nelle à trois quantités dont une est comme les simples vitesses ,f autre comme leurs quarrés, et la dernière comme les q narrésdes quarrés. Mais la théoiie ne suffìsoit pas pour cela, et l’ons’en apperçut aussitôt que l'on lit des expériences. Aussi l’A-cadémie des Sciences chercha les moyens de réveiller l’atten-tion des physiciens et des navigateurs pour cette partie.
En 1787, I Académie proposa pour le sujet du prix de l’année1789 la question suivante: « Essayer d’expliquer les expériences» qui ont été faites sur la résistance des fluides, eri France, en« Italie , en Suède , ou ailleurs , soit en y appliquant les méthodes» déjà connues , soit en combinant ensemble ces méthodes et» faisant servir l une de supplément à l’autre : soit eníiu en éta-