Band 
Tome quatrième.
Seite
466
JPEG-Download
 

466 HISTOIRE

et d’aller à la découverte, il faudra embrasser la dispositionqui favorise le plus le balancement et la propriété de bien mar-cher, perdre un peu sur la propriété de bien gouverner parle moyen des voiles, et porter le unaître-couple nn peu plusen avant que dans les gros vaisseaux qui doivent se prêter aumouvement dans les combats, et virer de bord avec facilité ,et dont la masse énorme nuit autant à la qualité de bien gou-verner, quelle est favorable pour modérer la vivacité des rouliset la rapidité d u tangage. Ces différentes façons de placer leinaître-couple ont lieu dans la pratique. 11 y a même des cons-tructeurs qui font encore mieux , ils le placent toujours aumilieu du vaisseau , et ensuite ils ont soin de renfler plus oumoins savant de la carène , suivant la destination du navire ,mais autrefois l’on portôit le inaître-couple plus avant, et c’estun défaut dont les constructeurs se sont corrigés.

Au reste, les mouveinens de tangage ne sont pas toujoursproduits par une lame qui vient frapper le navire ; le plus sou-vent la mer se soustrait à savant ou à barrière, et laisse enl’air une partie considérable de la carène. Alors la poussée del’eau se trouvant diminuée de la quantité que la lame aban-donne, retombe avec un effort égal à cette quantité multipliéepar la distance du bras de levier, qui croît comme les longueurs.Il faut donc tâcher de diminuer cette partie, car pour les lon-gueurs, bien loin d’y perdre, on gagne à les augmenter. Ony parviendra, en augmentant ce renflement de la lisse des fa-çons, et en diminuant celui de la lisse du fort. Si l’on vouloitsaisir tout-à-coup le point le meilleur, il faudroit rendre nullela hauteur des façons, et rendre les lisses tout-à-fait droites3mais le navire qui ne recevroit presque plus d’impulsion dansle sens vertical, enfonceroit sa proue sans pouvoir s’élever surla lame, et passeroit tout au travers, c’est ce qui arrive auxbâtimens trop plats par-dessous. D’ailleurs l’on perdroit beau-coup sur la stabilité du vaisseau , parce que l’on diminueroitde la hauteur du métacentre, et du centre de gravité de lacarène. Chauchot conseille mieux, c’est d’augmenter la longueurdu vaisseau, puis de placer le métacentre le plus haut que l’onpourra , en ménageant pourtant un peu de soutien dans les fondsdu navire. Alors le navire jouira de la propriété de bien mar-cher , de bien porter la voile, roulera peu ; ses mouveniens detangage rie fatigueront pas la mâture , parce qu’ils seront assezlents, et le métacentre placé à une grande hauteur, donneraassez d’inclinaison à la carène pour glisser sur la lame, et pours’y élever. Si l’on craignoit pourtant qu’il ne s’élevât pas assezet que le navire n’embarquat de l’eau par son avant, il fau-droit avoir soin d’incliner la proue en ayant au-dessus de la