DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. VIII. 4 %d’éloigner du centre de gravité, ou du milieu du vaisseau, lelest de fer ou autres parties lourdes qui se trouvent dans lescalles ou sur les ponts.
Ses nouvelles méthodes pour former les différentes partiesdu vaisseau qui s’opposent le plus directement aux efforts dutangage conviennent également pour résister aux efforts du roulis.La forme qu’il donne à ces parties ne sauroit préjudicier auxautres qualités du vaisseau , puisqu’elle ne change point la figurede sa carène , et quelle n'augmente pas la pesanteur de sa coque.Cette nouvelle forme doit contribuer à conserver au vaisseauses bonnes qualités , en lui faisant garder plus long-temps sapremière ligure. Inexpérience nous apprend que les vaisseauxse comportent toujours mieux dans leurs premières campagnesque dans les dernières, où l’arc et la plus grande largeur qu’ilsont acquis ont changé la figure de leur ligne d'eau, et aug-menté la résistance de la proue.
Enfin, la nouvelle méthode de former l’avant, les membreset les ponts des vaisseaux, paroît à cet habile constructeur beau-coup plus économique ; ainsi les moyens qu’il proposoit pourprocurer aux différentes parties du vaisseau la solidité néces-saire pour résister aux efforts du roulis et du tangage, conviennentà la pratique de la construction , et ne sauroient préjudicieraux autres bonnes qualités du vaisseau.
En adjugeant le prix de ij 55 à Chauchot, l’Académie vitbien que l’objet étoit susceptible de recherches plus profondes.Elle proposa le même sujet pour 1767, et elle reçut deux piècessavantes de Daniel Bernoulli et de Léonard Euler qui sont dansle huitième volume des Prix que le cit. de la Lande publiaen 1771. Bernoulli traita géométriquement de la stabilité descorps flottans pour différentes figures et différentes inclinaisons;de son effet pour diminuer le roulis et le tangage ; de la duréeet de l’étendue des balancemens ; des figures de la carène propresà remédier à ces inconvéniens; des axes de rotation, de la dif-férence entre les roulis forcés et les roulis libres ; de la naturedes lames ; des lois hydrostatiques suivant lesquelles se fait lapoussée de l'eau , et des changernensqu’on pourroit faire dans laconstruction pour diminuer le danger des trop grands mouvemens.
Les résultatats de la théorie ne sont pas applicables sansdistinction à la pratique, mais un constructeur habile y trou-vera de quoi guider ses méthodes pratiques, et de quoi choisirentre les divers incon véniens qu’on est obligé de tolérer plusou moins dans les diverses constructions destinées aux différentescirconstances.
La pièce d’Euler est moins étendue et renferme moins d’ap-plications; mais il y donne de sayans calculs sur les efforts qu’ont