DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VIII. 47 1tribuer à leur vivacité : ils doivent être d’autant plus prompts ,que le navire a moins de rentrée. Cet examen a fourni quelquesrègles de construction : lorsqu’un navire, par son peu de bri-cole (ou poids supérieur) par la qualité de son chargement etpar la forme de ses fonds a beaucoup de stabilité , il doit avoirplus de rentrée pour rendre les rnouvemens de roulis plus doux.A la .vérité cette rentrée a des incovéniens réels pour l’appuides mâts, et le service du canon; mais d’un autre côté rienne fatigue plus la mâture que des roulis fort vifs. Pour évitercette nécessité d’une rentrée considérable, il ne faut pas tropdiminuer la bricole des navires : des frégates de très-grandedimension ne doivent donc pas être sans canons de gaillards.Lorsqu’elles portent une artillerie proportionnée à leur gran-deur, la stabilité diminue un peu par cette diposition ; elle doitêtre augmentée par la plus grande etendue des flottaisons in-clinées. Alors on retirera tous les avantages possibles ; les roulisne seront pas plus prompts , les mâts seront mieux tenus, lenavire aura plus de force, et le service de l’artillerie se feraplus aisément, sans que la marche puisse être altérée. Lorsqueles vivres et le lest sont donnés dans les navires de guerre, lavariation qu’on peut attendre d’une transposition latérale depoids pour la vivacité du roulis, est peu considérable: il a crucette observation importante. C’est par une diminution de sta-bilité , qu’on peut le plus diminuer la vivacité des roulis.
Dumaitz parle d’une observation qu’il a eu lieu de faire dansun démâteinent. Les livres de manœuvre conseillent en généralde mâter en avant quelques mâts de hune, pour avoir la facilitéd’avriver, et on a coutume de commencer par-là. Cette règleest bonne lorsqu’on a beaucoup de temps pour remédier à cesaccidens, mais quand on est fort près d’une côte, que la merest très-grosse , la difficulté qu’on éprouve à mâter sur le gaillardd’avant, rend cette manœuvre lente et dangereuse pour leséquipages, ainsi il est préférable de mâter vers le milieu dunavire. 11 en tient bien moins le vent, et les points d'appuiqu’on a pour cette opération , la rendent facile : si par hasardfaute d’avoir maté assez en avant, malgré les voiles légèresqui peuvent se placer sur savant, le navire ne gouvernoit pas,il faudroit alors jeter le navire sur barrière , en pompant unepartie de l’eau, ou par le moyen des canons.
Enfin don Georges a traité la théorie du roulis et du tangaged’une manière complète , dans son Examen maritime. Suivantlui, on avoit commis de grandes erreurs sur cet objet important,on avoit considéré ces balance m en s comme dependans seule-ment de l’état et de la position du vaisseau , sans avoir égardau volume et aux vitesses des lames qui en sont les principales