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pour ce qui regarde la hauteur de la batterie qu’iîs se sont pro-posé de donner. II leur suffit pour cela, de dresser un état exactde tous les poids qui entrent dans la construction et l'armementdes vaisseaux, et cet état ne demande pas de grandes discus-sions ; mais le plus grand nombre d’entr’eux ne sauroit allerplus loin ; il est rare qu’ils déterminent avec précision la diffé-rence du tirant d’eau, le vaisseau étant sur son lest. L’auteurles a vu s’y tromper; cependant, quoique cette connoissanceinflue sur le placement des diverses matières, autres que le lest,elle est moins importante que l’examen de l’arriinage, par rap-port à la stabilité. Cet examen n’est pas plus minutieux quecelui des pesanteurs, et on ne peut procéder à celui ci sansrassembler les matériaux nécessaires pour l’autre. Il est vrai quece n’est pas tant la stabilité que l’on doit chercher, que laquantité de cette stabilité, et son influence sur l’allure , le tan-gage et le roulis ; mais c est toujours beaucoup que d’avoir reconnuque le vaisseau portera la voile. Il eut été à desirer qu’on s’enfut occupé dans la construction de tous les vaisseaux, au lieude comparer simplement à l’œil les vaisseaux à faire aux vais-seaux construits et connus , et c’est ausi ce que Groignard entre-prend de faire dans cette pièce.
Il explique les méthodes usitées dans les ports pour arrimeret lester les vaisseaux de toutes sortes de grandeurs et de dif-férentes espèces. II détaille la place de chaque chose soit dansles vaisseaux de roi, soit dans les vaisseaux marchands, quiservent aux différentes branches du commerce. II explique lepoids et la distribution des matières qu’on emploie dans l’ar-rimage des vaisseaux, et l’ef’fet qu’elles produisent sur le sillage,sur les lignes d’eau , sur les propriétés de bien gouverner, debien porter la voile, d’être doux à la nier , et sur les autresqualités du vaisseau.
II calcule Je déplacement d’eau de toutes les parties d’un vais-seau de 74, et chacune des parties qui y entrent ; il y exposeìes inconvéniens, et il propose des remèdes. Par exemple, ily entre deux cents tonneaux de lest ; mais cette quantité delest sera-t-elle suffisante pour que le vaisseau porte bien ]a voile ,et sera-t-elle distribuée de façon que lorsque le vaisseau serachargée, il ait l’assiette ou la différence d’eau projettée. C’estlà l’ouvrage du plus habile constructeur qui joint la théorie àla pratique, et la condition la plus essentielle du bon arrimage,qui étant une suite des combinaisons et des calculs de ce cons-tructeur , doit concourir à procurer à son vaisseau les qualitésqu’il a projetté de lui donner.
En combinant le plan de son vaisseau, il a calculé ses capacitésou son déplacement, et les a comparées aux poids qu’il do!