DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. VIII. 479bas que le chargement ordinaire, la stabilité du vaisseau enseroit considérablement augmentée, et sa coque ainsi que sa mâ-ture seroient en grand danger par la vivacité des mouvemensdu tangage et du roulis ; c’est ce que l’expérience ne prouveque trop souvent pour de pareils arrimages faits au hasard.
On a jusqu’à aujourd’hui regardé comme impossible , ou très-difficile, de faire un bon arrimage de cette espèce. Le sûr moyend’y réussir est de répandre et ct’élever tout le changement quioccupera peu d’espace dans la cal le , de façon que son centrede gravité se trouve à-peu-près semblablement placé par rapportà la longueur du vaisseau et à la même distance au-dessousdu métacentre, que devoit être le centre de gravité du char-gement ordinaire.
On peut se servir de plusieurs moyens pour élever ce char-gement ou ces canons au-dessus de Ja carlingue ou du fondde calle. Je préférois, dit Groignard, un grillage de bois desapin , le plus léger, où je pratiquerois le plus de vide, auxautres matières, comme fagots, billettes qui se compriment etse broyent dans les mouvemens du vaisseau, ct ne produisentplus leur effet.
Le mémoire de Gauthier sur le même sujet n’a que 18 pages,mais il contient toutes les réflexions d’un savant constructeursur la manière de procurer par i’arrimage ce qui manque auxqualités d’un vaisseau , et les avantages d’une contre-quille defer dans certains cas.
Bourdé de Vilhuet, qui avoit beaucoup d’çxpérience, donneaussi des réflexions utiles sur le défaut des art images ordinaires.On doit d’abord chercher, dit-il, à modérer le tangage , parceque c’est ce qui retarde le sillage, en mêrne-temps que le mou-vement fatigue extraordinairement un vaisseau et sa mâture :c’est presque toujours dans une de ces secousses qu’on voit lesmâts se rompre, particulièrement quand savant se relève aprèsavoir plongé.
Le roulis est proportionnellement plus grand que le tangage,mais on ne voit que peu d’accidens arriver par ce mouvementqui est toujours lent : cependant il est à propos de le prévenirle plus qu’il est possible, paVce que la lame vient souvent detravers, et porte le vaisseau ù de très-grandes inclinaisons surle côté. On y parviendra facilement, sans empêcher le vaisseaude bien porter la voile, en arrimant le lest,, quand il est enfer, sur les empalures des varangues de fond, parce qu’il rap-pelera avec moins de force le navire, lorsqu’il aura inclinéen agissant sur un point qui sera un peu éloigné tribord etbâbord, plus bas que le centre de gravité du navire chargé. Onobservera de ne pas faire monter trop haut le lest des deux côtés