492 HISTOIRE
jamais d’apprendre des choses qu’il eût été presque impossiblede découvrir , même de prévoir , par la seule théorie : donGeorges-Juan réunissoit la théorie et l’expérience à un très-hautdegré ; aussi a-t-il donné des règles très-importantes, et rejetéun grand nombre de celles qui étoient admises par les hommesles plus éclairés.
Nous allons donc donner une analyse succincte des prin-cipaux objets traités dans XExamen maritime , dont nous nepouvons trop conseiller la lecture et l’étude à tous les naviga-teurs , surtout à ceux qui se destinent à l’art de la constructiondes vaisseaux , et à ceux qui les conduisent.
L’auteur commence par établir les principes de mécanique, par-ticulièrement sur Faction et le mouvement des fluides; tous cesobjets conviennent à la marine et conduisent directement à lasolution des questions délicates et embarrassantes que cettescience présente. II explique les lois du mouvement simple etcomposé ; de la composition et décomposition du mouvementet des forces agissantes ; des centres de gravité et des puis-sances. II expose la théorie du mouvement de rotation d’unsystème de corps libres ou liés entr’eux ; la théorie des pen-dules ; les propriétés des leviers des trois genres , considérésdans l’état de mouvement, et non seulement dans celui de repos,comme on l’avoit toujours fait. II détermine le rayon de rota-tion et son centre , et fait voir que ce point ne peut être fixe »à moins qu’il ne soit le centre de gravité. Suit une théorieabsolument nouvelle et très-étendue de la percussion. L’auteurapplique sa théorie à plusieurs expériences , et compare la forcede percussion à celle de pression ou à la gravité, autant qu’ilest possible. Ce chapitre est un des plus remarquables de cettepartie de la mécanique. 11 fait vair que les centres de percussionet d’oscillaûon ne sont pas toujours les mêmes , comme Fontcru plusieurs auteurs. II traite après cela du mouvement descorps sur des plans inclinés ou sur des surfaces courbes. Lathéorie du frottement y est exposée dans le plus grand détail ;il fait voir qu’il n’est pas seulement proportionnel à la pression ,comme on Fa enseigné d’après Amontons et BilJinger. II faitconnoître Je défaut dé la théorie d’Euler , et met en évidencela conformité de la sienne avec les faits. Enfin , ce premierlivre est terminé par la théorie des machines simples , en ayantégard au frottement, attention absolument nécessaire pour endéduire leurs véritables effets. II calcule leur plus grand et leurplus petit effet, et en donne Fapplication à quelques faits depratique.
Nous avons parlé de sa théorie des fluides ; il développe lesmomens dont les corps éprouvent Faction dans leur mouvement