5i% HISTOIRE
La rose des vents qui porte sur l’aiguille, et doit servir parsa direction vers la proue , à désigner le rumb de vent, doitêtre à-la-fois solide et légère. Le carton dont on se servoit,et dont on se sert encore daus la marine marchande , est sujetí\ se déjeter par l’humiclité. LesAnglois, ditRadouay, se serventd’une lame de tôle tròs-fine, sur les deux surfaces de laquelleest collée une feuille de papier lin, dont celle de dessus est larose des vents ; on concilie ainsi la solidité et la légèreté.
Bouguer, dans sa pièce de ij'ò-í, ne changeoit rien à laconstruction de la boussole ; mais la Condamine proposoit en.1733 une construction de boussole au moyen de laquelle le mêmeobservateur pouvoit prendre seul, et sans l’aide d’un second,soit le vertical de l’astre , soit la position de la rose. II en fîtun usage assez satisfaisant dans son trajet d’Europe à Saint-Domingue, lors de son voyage au Pérou.
La Caille, dans sa nouvelle édition du Traité de Navigationde Bouguer, proposa aussi lui même un léger changement quimettroit à portée d’observer plus exactement le vertical de l’astreet de faire cette observation tout seul et sans aide. Ce seroitde couvrir la boussole, non d’une glace plane, mais de deuxglaces en forme de toit ayant leur concours ou arestier dansle sens perpendiculaire à la ligne des pinnules; d’étendre surcette double glace un fil d’une pinnule à l’autre , ensorte qu’ilpasse bien à-plomb au-dessus de la rose. Alors tournant l’ins-trument jusqu à ce que l’ombre du fil dont on vient de parlertombe précisément sur le centre de la rose, on a d’un mêmecoup-d’œil la déclinaison du vértical du soleil à l’égard de laligne nord et sud. Mais soit attachement des navigateurs àleurs anciennes pratiques , soit qu’on ait trouvé des difficultéset des inconvéniens à cet arrangement de boussole , je ne sachepas qu’il ait été employé.
II y a eu souvent à la mer un usage vicieux, c’étoit d’ac-coupler dans l’habitacle deux boussoles : on se persuadoit qu’elless’aidoient en quelque sorte mutuellement, et que quand ellesmontroient le même rumb , on avoit une confirmation. Ellesse nuisent au contraire, et c’est ce qui résulte des expériencesde Lous dans l’ouvrage intitulé : Tentamen expérimentorum adcompassum perjìciendum et unicuique usui tam naulico, quantterrestri accommodando, ut et ad viriurn. magneticarum quan-titatem explorandam spectantium, à Crist. Car. Lous (Hafniae.1734. 4 - ) Cet ouvrage est plein de vues et d’expériences inté-ressantes.
L’aiguille aimantée ne se dirige pas exactement vers le Nord,cette remarque fut faite par Sébastien Cabot, ou "William Bur-rougli, même avant la découverte de i’Amérique ; il est donc
essentiel