DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. IX. 513essentiel de savoir combien l’aiguille «'éloigne du vrai nord.c’est la déclinaison, qui est ou vers l’orient ou vers l’occident.On sait qu’à Paris, par exemple, l’aiguille aimantée déclinede 22 0 en 1801 vers l’ouest ; on sent quelle erreur on com-mettroit sur sa route, en prenant pour le vrai rumb celui qu’in-dique la boussole, puisqu’avec une pareille déclinaison l’on setromperait de deux rumbs de vent.
# H seroit à. souhaiter qu’on pût chaque jour réitérer l’opéra-tion nécessaire pour connoître cette erreur; mais malheureu-sement on ne le peut pas toujours; l’opération est délicate,et exige de l’adresse , c’est pourquoi divers astronomes etnavigateurs ont cherché des boussoles ou compas de variationqui présentassent des facilités pour cette observation.
Elle est fondée sur ce que connoissant la latitude du lieuoù est le vaisseau et la déclinaison du soleil, on peut dé-terminer l’amplitude ortive ou occase du soleil, c’est-à-dire ladistance entre le vrai point d’orient ou d’occident et le pointsur lequel se lève ou se couche le soleil. Dans la figure 20. siS est le soleil levant, E Q le rayon de l’équateur, DE la dé-clinaison du soleil dont S O est le sinus; on peut en résolvantle triangle SOQ trouver l’amplitude S Q ; on peut même avecun compas prendre S Q sur la figure , et la portant de A en Bl’on a l’amplitude A C. Au reste, on la trouve dans tous leslivres de navigation et dans plusieurs volumes de la Connais-sance des Temps , ce qui épargne la peine de ce calcul.
On prend donc une boussole particulière qu’on appelle compasde variation y à la différence de l’autre qu’on nomme compasde route. Cet autre compas diffère de celui-ci en ce qu’il estordinairement un peu plus grand, et que la boëte en est garnieà ses côtés de deux pinnules, servant à prendre la directiondu centre du soleil vers son lever ou son coucher. Un fil estétendu de l’une à l’autre en passant au-dessus du centre de larose. Ce compas de variation étant donc établi dans un lieudu vaisseau où l’on ait la libre vue du levant ou du couchant,un des observateurs vise au soleil à travers les ouvertures despinnules, ayant l’attention d’en partager le disque en deux parles fentes des pinnules, etl’autre observateur remarque de combienla ligne nord et sud de la boussole s’écarte d u plan de cesdeux fentes , ce qu’il est aisé de faire en regardant quel degréde la rose est perpendiculairement au-dessous du fil. Cette ob-servation donne donc l’amplitude ortive ou occase à l’égardde la boussole. Le calcul ouïes tables donnent l’amplitude vraie,et conséquemment la différence est la déclinaison de l’aiguille.II faut aussi, à cause de la réfraction, avoir l’attention de prendrele soleil non au moment où son centre est dans l’horizon, maisTome IV. T 11