DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. IX. 5 19successivement des pôles de différens noms suivant que l’onglisse ce talon vers l’une ou l’autre extrémité, parce que chaqueí'ois qu’on fait glisser ce talon en le faisant revenir sur ses pas ,on détruit la vertu qu’on avoit d’abord communiquée. En exa-minant la raison de cette expérience, Antheaume pensa qu’ilfaudroit faire glisser la lame qu’on veut aimanter sur l’équateurd’une barre beaucoup plus longue quelle, ,et suivant sa longueur,afin de ne point passer sur les pôles qui détruisent la vertumagnétique acquise dans l’équateur ; mais comme par ce moyen,il n est pas possible de faire passer le fluide magnétique de lagrande barre dans la petite, à cause de la continuité de toutesles parties de la grande qui ne fournit aucune issue dans lemilieu, il imagina de couper cette grande barre pour en inté-rompre seulement la continuité, ou ce qui revient au môme,de prendre deux barres de fer qui, étant mises de file , ou bout-à-bout par leurs pôles attractifs ou de dénominations différentesétoient séparées seulement par l’épaisseur d’un carton.
Voici sa méthode, tel qu’il l’expíique lui-même dans un mé-moire publié en 1760 : sur une planche inclinée dans la directiondu courant magnétique, c’est-à-dire , pour Paris , inclinée àl’horizon de. 70° du côté du nord, il plaça de file deux barres defer q narrée, des quatre à cinq pieds de longueur sur quatorze àquinze lignes d’épaisseur, limées quarrément par leurs extrémitésintérieures, ou qui se regardoient, entre lesquelles il laissa unintervalle de six lignes : il appliqua à chacune de ces extrémitésune espèce d’armure formée avec de la tôle de deux lignesd’épaisseur, quatorze à quinze lignes de largeur , et une lignede hauteur, dont le côté qui devoit être appliqué à la barre étoitlimé et entièrement plat : trois des bords de Pautre face étoienttaillés en biseau ou chanfrein : le quatrième, qui devoit excéderd’une ligne l’épaisseur de la barre , et limé quarrément pourformer une espèce de talon. Pour remplir le reste de 1 intervalle ,il mit entre les deux armures une petite languette de bois de deuxlignes cl épaisseur. Tout étant ainsi disposé et placé dans la di-rection du courant magnétique, il glissa sur ces deux talons àla fois, suivant la longueur des barres de fer , le barreau d’acierqu’il vouloit aimanter, le faisant aller et venir lentement d’un deses bouts à l’autre , comme on feroit si on aiinantoit sur les deuxtalons d’une pierre d’aimant. 11 fut surpris lui-même de voir qu’ilaimantoit ainsi tout d’un coup , non seulement de petites barres ,Corinne Mitchell et Canton , mais de grosses barres d’acier d’unpied de longueur, et même plus , çe qu’on n’obdendroit jamaispar leurs méthodes. Une autre expérience faite ensuite lui fit con-noître que cette opération produit des effets encore plus sur-prenans , en employant des barres de fer de dix pieds de longueur