HISTOIRE
ensuite divers procédés pour produire et completterl’aimantatomdu fer.
On peut sans aimant ni fer aimanté , et par un procédé aussiremarquable qu’il est simple, exciter dans le fer la vertu magné-tique à un très-haut degré ; ce procédé consiste à poser sur lasurface polie d’une forte pièce de fer, telle qu’une enclume, desbarreaux d’acier, et à les frotter ensuite un grand nombre defois, en les retournant sur leurs différentes faces, toujours dansle inêrne sens , au moyen d’une grosse barre de fer tenue verti-calement , et dont l’extrémité inférieure doit être aciérée et polie.
On trouve ensuite dans ce livre les procédés de Mitchel ,Canton , iEpinns , Knigth, pour faire les aimans artificiels lesplus forts.
L’article qui traite de la direction de l’aimant et de sa décli-naison , est un des plus importans , à cause des besoins de lanavigation ; aussi Buffon l’a-t-il completté par un recueil de i5opages d’observations et par de grandes cartes magnétiques , oùil a marqué la déclinaison et l’inclinaison de l’aiguille dans tousles pays de la terre. Personne n’en a volt recueilli un si grandnombre : il a comparé ces observations pour tracer sur la terreles lignes sans déclinaison ; il établit l’existence d'un pôle ma-gnétique , très-puissant dans le nord des terres de P Amérique, à71° de latitude et 260 de longitude, comptée de Paris. 11 faitvoir que la bande ou la déclinaison est nulle , s’étend dans lamer Pacifique depuis le septième degré de latitude nord , jus-qu’au cinquantième degré de latitude sud. Cette bande traverse1 equateur vers le 232 e degré de longitude , comptée de Paris jmais à 24 degrés de latitude australe , elle paroît fléchir vers lescôtes occidentales de l’Amérique méridionale , ce qui sembleêtre l’effet des masses ferrugineuses que l’on doit trouver dansces contrées, si souvent brûlées par les feux des volcans , etagitées par les foudres souterraines.
Il doit y avoir un autre pôle vers les terres de Diémen , oùA bel Tasman observa en 1642. que ses boussoles ne se dirigeoientplus sur aucun point fixe.
L’augrnentation d’inclinaison dans les aiguilles , en approchantdes pôles, s’explique d’une manière bien naturelle par la théoriede Buffon ; le magnétisme du globe est une modification d’uneforce plus générale, qui est celle de l’électricité ou des émana-tions de la chaleur propre ; elles partent de l’équateur et desrégions adjacentes , se portent, en se courbant et se plongeantsur les régions polaires où elles tombent, dans des directionsd’autant plus approchantes de la perpendiculaire, que la chaleurest moindre, et que ces émanations se trouvent dans les régionsfroides plus complettement éteintes ou supprimées. Or , cette