526 HISTOIRE
par le vaisseau , et oppose une résistance assez grande pour pou-voir être regarde comme sensiblement immobile.
On jette donc à la mer ce triangle après y avoir adapté urepetite .cheville qui, avec sa ficelle, doit le forcer à se tenirvertical, et l’on laisse couler, sans compter la portion de ficellenon-divisée qu’on nomme la ligne sèche . Au moment qu’onsent sous le doigt'le premier nœud, qui ne se compte point ,on tourne l'ampoulette. La ligne se dévide de dessus son rouet,l’on compte les nœuds qui passent par les doigts, et au momentoù l’ampoulette finit on arrête la ficelle ; puis au moyen d’unepetite sacade donnée à la machine, la cheville qui tenoit letriangle de bout, se détache , et il peut être ramené abord presquesaris résistance. On compte de nouveau les nœuds qni ontpassé pendant la durée de l’opération, c’est-à-dire, la portionde ficelle divisée au-delà du premier nœud; on juge par-là duchemin parcouru par le vaisseau.
Car, supposons que le loc ait été immobile ; il est évidentque le chemin parcouru par le vaisseau, pendant une demi-mi-nute, sera égal à l’étendne de la ficelle devidée depuis le pre-mier nœud ; et son chemin pendant une heure égal à 120 foiscette longueur. Or, une lieue marine à raison de 20 au degréest de 28.10 toises. Ainsi pour que le vaisseau parcoure en uneheure une lieue marine , il doit filer dans une demi-minute 1^2^-pieds; et pour faire un tiers de lieue, 47 t* Et comme on avoulu diviser la route en tiers de lieue, on a mis ou dû mettreentre chaque nœud une distance de 47 pieds 4- Et alors si dansl’opération on file un nœud, cela indiquera que la marche aété d un tiers de lieue marine dans une heure. Trois nœuds in-diqueront une lieue. Un vaisseau qui file de 6 à 9 nœuds estcensé faire une bonne marche , puisque c’est de 48 à 72 lieuesmarines par jour. On dit donc : nous filions tant de nœuds ,sans y ajouter par heure comme font quelques personnes ; carce n'est pas par heure, mais par demi-minute que l’on a filéplus ou moins de nœuds.
Malgré la clarté de la démonstration qu’on vient de voir surla longueur à donner à chaque intervalle des nœuds, on nepeut dissimuler que chaque pilote , chaque navigateur avoit là-dessus sa mesure particulière. II y en avoit qui faisoient cettedistance moindre que 47 pieds4 » et même seulement de 42 pieds.D’autres , au lieu d une ampoulette de 3o w ou de demi-minute,n’en employoient qu’une de 27 secondes. Les premiers paroissentavoir été conduits à ce raccourcissement par une observationqu’ils a voient faite, savoir : qu’en allant en Amérique, s’ilsavoient fait usage d’une ligne ayant 47 i pieds entre ses nœudsils étoient aux atterrages beaucoup plutôt qu’ils n’avoient estimé