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Tome quatrième.
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DES MATHEMATIQUES. Part. V. Ltv. IX. Bvfdevoir y être , et ils en donnoient pour raison que le tropgrand intervalle entre les nœuds leur avoit fait compter moinsde chemin, et conséquemment que leur estime étoit restée enarrière de la quantité du chemin parcouru. Mais il est reconnuaujourd'hui que dans l’océan atlantique, il y a entxe leS tro-piques un courant général allant de lest à' l’ouest, et qu’ona estimé de 3 à 4 lieues par 24 heures. C’est l’effet nécessairedes vents alisés qui règnent entre les tropiques et qui tiennenttoujours de l’est. Ils ne peuvent depuis tant de siècles soufflerainsi sans avoir imprimé à la surface de la mer un mouvementgénéral à l’ouest. Dans un voyage que je fis sur un vaisseaudu roi en 1764 et 1765, vers les côtes de la Guyanne, où leduc de Choiseul vouloit faire une colonie, je parlai de ce cou-rant aux officiers et aux pilotes ; mais ils témoignoient ne pasy ajouter beaucoup de foi. Je prévis dès-lors que nous pour-rions bien être aux atterrages plutôt qu’ilsne comptoient , et maconjecture étoit juste. On s’eslimoit à plus de 100 lieues deterre, et tout-à coup, en plein midi, on se trouva dans leseaux vertes de l’AtnaLone, qui annoncent, que l’on n’en estguère qu’ù une trentaine de lieues. Dès le soir on eut fondsde 18 , 20 à 2 5 brasses, on lit petite voile pendant la nuit,et le lendemain matin on vit distinctement la terre. Aussi depuisquelques années, il n’est presque aucun navigateur éclairé qúine se soit élevé contre cette erreur des pilotes qui raconrcis-soient le loc, car il faut vouloir fermer les yeux à la lumièrepour se refuser à la démonstration de la longueur qui doitêtre entre les intervalles des nœuds de la ligne de loc. Si mêmeil íalloit y faire quelque changement, ce seroit peut être del'augmenter plutôt que de la diminuer; car on suppose le ba-teau du loc absolument immobile, tandis que très-probablementil est un peu entraîné par le vaisseau, et ainsi on fait un peuplus de chemin qu’on n’en marque.

Pierre Bouguer , dans les Mémoires de l’Académie de 1747,expliqua la manière de corriger le loc, et l’expérience l’a jus-tifié , mais on est bien fondé à désirer un moyen plus exactde mesurer-le chemin d’un vaisseau. Aussi divers niathémati»ciens et navigateurs ont ils proposé sur cela des vues et desméthodes nouvelles.

Pitot proposa en 1782, un moyen de mesurer la -vitesse avecJe quelle un corps se meut dans un fluide. 11 est fondé sur unprincipe d'hydraulique connu depuis long temps; savoir que siun tube est rempli d’un fluide, et qu’on le laisse se vider, cefluide s’écoule à chaque instant avec une vitesse qui est commela racine de la hauteur au-dessus de l'orifice. Delà il suit quesi l’on a une tube recourbé et qu’on en présente l’embouchuro