DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv.IX. 5 a 9quand on ne s’en serviroit pas, et que l’on mettroit dans lepuits pour faire l’expérience.
On trouve dans les Transactions Philosophiques , de 1702,d'autres tentatives de Saumarez, gentilhomme guernésien, qui,pour mésurer le chemin d’un vaisseau, proposoit deux moyens dil-férens ; il faisoit une nouvelle espèce dc loc, ayant deux branchesdivergentes, chacune portoit une espèce de palette, faisant assezde résistance pour n’être pas entraînée par le vaisseau en mou-vement. Ce loc étoit attaché à une ligne qui venoit passer dansun canal pratiqué à côté de l’étambot, ou de la poupe; cetteligne tirée avec plus ou moins de force, mettoit en mouvementune aiguille qui marquoit sur un cadran la route plus ou moinsgrande que íaisoit le vaisseau.
L’autre invention de Saumarez consistoit en un tourniquethorizontal, arrangé pour se mouvoir toujours dans un mômesens, étant plongé tout entier dans l’eau. II devoit être placéà la poupe sous l’étambot , et son essieu remontoit perpendi-culairement dans une cavité pratiqué à côté de l’étambot. Cetessieu tnis en mouvement par le tourniquet avec plus ou moinsde vitesse suivant le sillage, devoit montrer de même sur uncadran la vitesse du vaisseau. Il dit avoir fait sur le canal duparc Saint-Jaines et sur la Tamise, des épreuves de sa doubleinvention, et a voir trouvé exactement le chemin parcouru, quoiquele mouvement du bateau eût été tantôt retardé, tantôt accéléré.Mais les inconvéniens sont sensibles : le tourniquet ne sauroitsoutenir les coups de mer; cet inconvénient rendra toujoursinsuffisant tout mécanisme qui seroit adapté extérieurement aucorps du vaisseau. II a dû se présenter, et il s’est en effet pré-senté mille fois à l’esprit de gens qui n’avoient jamais vu lamer, des mécanismes de roues, de vannes, devant être misesen mouvement plus ou moins vîte par l’eau, coulant le longdes flancs d’un vaisseau. Mais ceux qui connoissent les effetsde ce terrible élément ne sauroient approuver ces inventions.
Vitruve dit bien que les Phéniciens mesuroient le sillagepar une roue garnie de vannes , qui tournoit plus ou moinsvîte , suivant la vitesse du navire ; mais l’expérience y a faitrenoncer.
Bouguer, dans ses Élémens de navigation en iy 53 , lit voircomment on pourroit calculer la vitesse d’un vaisseau , par lamesure de la résistance ou de l’iinpulsion de seau sur un globed’un pied de diamètre, qui est de 70 livres , quand on fait quatrelieues par heure, et seulement de 10 et demi quand on ne laitqu’une lieue.
Le capitaine Phips , dans son voyage vers le pôle boréal, en1777 , lit l’expérience de la méthode indiquée par Bouguer e tTome 1 T, X x x