DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Lxv. IX. 533
Aussi dès que les grandes navigations, coinine celles des Indeset de l’Amérique commencèrent à devenir communes , il fallutrecourir à des iristrumens plus exacts. On peut dire néanmoinsque celui qu’on substitua aux premiers n'avoient pas sur euxun grand avantage. Cet instrument fut l’arbalête ou l’arbales-trille, comme d’autres l’ont nommé.
Cet instrument etoit déjà connu dans la géométrie-pratiqueou même dans l’astronomie de ces temps-là , sous le nom deBâton de Jacob , de Croix géométrique par les géomètres , etde Rayon astronomique par les astronomes. C’est une longueverge quarrée de 3 à 4 pieds de longueur , qu’on appelloit laflèche t le bâton, la verge , traversée par une autre moindre ,comme de 2 , de 6 ou de ix pouces , mobile sur la première ,et qu’on appelloit curseur, traversaire, marteau j une pinnule àl’extrémité de la ílèche , et une autre pinnule à chaque bout ducurseur. Les géomètres voulant mesurer une distance, appli-quoient l’œil à la pinnule de la ílèche , et avançoient ou recu-loient le curseur , jusqu’à ce que, par ses deux pinnules, ilsapperçussent les extrémités de la distance à mesurer. Les divi-sions portées sur la Ilèche leur donnoient l’angle soutendu parla distance. Nous allons donner l’histoire de cet instrument ,d’après IrMSitoyen de la Lande, dans l ’Encyclopédie méthodique,au mot Arbalète.
Jean-Werner, né à Nuremberg , en 1468 , fut le premier quidécrivit l’arbalète en \ 5 i^ t et il la recommandoit aux marins
f tour observer les longitudes en mer par les distances de laune aux étoiles , ( W ales astronomical observations , 1777 ,introd. p. 24.) Je crois que ce sont les observations de Wernerqui furent imprimées en 1 5 14 * mais son livre de Motu octavaespherae, est de 1622. (Weidler, p. 335 ,) Appian,en 1624,et Gemuia-Frisius, en i 53 o, en recommandoient aussi l’usage.
Le P Fournies , dans son Hydrographie , p. 4 y 5 , dit quece que les Cakléens appeloient bâton de Jacob, et les Astro-nomes, rayon astromique, est nommé arbalète, ou flèche parMartin- Cortez , et Michel-Coignet, en leurs ouvrages , et gé-néralement par tons les matelots. Les Flamands, dit-il; l’ap-pèlent graëlboge. On écrit jgraart boogh en hollandois. LesEspagnols l’appèlent balesta on balestilla. Le P. Dechallesl’appèle ci'iix geometrica.
On a des marteaux de trois grandeurs différentes : c’est-à-dire , de 12 pouces, de 6 et 1^-, (Fournier, p. 496.) Dansle Dictionnaire de marine d’Aubin, il y a curseur et marteau,Ozanam , dans son Dictionnaire , p. 266, dit que le traversierou marteau se meut le long de la flèche, et qu’on appelle cet