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Tome quatrième.
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54i histoire

Ces commissaires s’assemblèrcnt à. l’Arsenal le 3o Mars, etMorin, après un discours, dans lequel il leur iit diverses ques-tions , tendantes à établir les principes propres à servir de baseà leur jugement, principes dont on convint à-peu-près , entraen matière et exposa sa méthode'ou plutôt ses méthodes ; car ilen avoit plusieurs adaptées aux diíïérens cas ; il est à propos doiaire connoître la principale et la plus praticable.

Cette méthode consistoit à observer en même-temps bu. dansdes momens très-rapprochés la hauteur de la lune , celle d'uneétoile , dont la position soit sufíisamment connue , ainsi que ladistance de l’une à l’autre. Au moyen de ces élémens , il mon-troit comment à une heure quelconque en mer on pouvoit dé-terminer la déclinaison et l'ascension droite de la lune, consé-quemment sa latitude et longitude et son lieu dans le ciel. IIfallait calculer ensuite , d’après les meilleures tables, celles deKepler , par exemple , l'heure à laquelle la lune avoit cettemême position dans le ciel, pour le lieu auquel ces tables étoientdestinées , et dont la longitude étoit connue. La différence destemps, convertie en degrés, devoit donner la longitude du vais-seau pour le moment de l'observation.

Morin proposoit quelques autres méthodes , par exemple ,d’observer la lune et nne étoile dans le méridien mêrne, oudans un même vertical, ce qui simplifie beaucoup le calcul ;mais cela est presque impraticable en mer ; il proposoit aussid’observer la distance de la lune à deux étoiles de positionsconnues avec leurs hauteurs.

Les commissaires , il faut en convenir, furent d’abord séduits,et à la pluralité des voix rédigèrent, mais sans le signer, unjugement avantageux. Ils y disoient que Morin avoit démontrégéométriquement et de plusieurs manières la science des lon-gitudes , et mieux qu’aucun des mathématiciens qui l'avoientprécédé, que cette méthode pouvoit se pratiquer à terre pourvuqu’on eut des tables de la lune justes, et qu il n’est nullementimpossible de le faire à la mer, surtout par un de ses moyens,savoir, de prendre la lune et l’étoile lorsqu’elles sont dans lemême vertical. Morin tira dans la suite grand parti de ce pre-mier jugement dans sa querelle avec ses commissaires; ceux-cis’étant rassemblés et ayant de nouveau conféré ensembfe , ilsclmngèrent d’avis, et donnèrent le 10 mars, i634, un nou-veau jugement signé, et par lequel ils déclaroient :

x°. Que la science des longitudes, par le. mouvement de lalune, avoit déjà été trouvée par Gemma-Frisius, Apian , War-ner , Nonius, Métius et autres. Mais j’observerai qu’il n’y anulle comparaison pour l’exactitude et le sayoir entre le moyende Morin, et ceux de ces astronomes.

L°.