DES MATHEMATIQUES. Pa*t. V. Liv. IX. 545
a°. Qu’absolument parlant Morin n’avoit pas démontré sascience des longitudes. Cependant, en considérant la chose spé-culativement , les moyens de Morin sont rigoureusement établis,•et ce sont presque ceux dont on se sert actuellement.
3°. Les commissaires disoient que l’invention de Morin nepouvoit se pratiquer sur mer; en ceci ils avoient raison ; lesinstrumens dont on se servoit alors pour mesurer les hau-teurs des astres sur mer, et les tables de la lune, n’étoientpoint assez exacts pour s’en servir à observer et à calculerun lieu de cette planète avec assez d’exactitude pour être àl^abri des 2 ou 3 degrés d’erreur en longitude. Morin prétendoitetre en état de fournir des instrumens au moyen desquels onauroit fait ces observations avec une suffisante exactitude et à 3ou 4 minutes au plus d’erreur. 11 prétendoit aussi être en état,pourvu qu’il fût aidé, de donner des tables des étoiles, du soleilet de la lune parfaitement exactes. D'ailleurs, il prétendoit nes’y être point engagé, et qne l’état de la question étoit unique-ment, si les lieux des étoiles, et les tables de la lune étantsuffisainrnents exacts, son moyen étoit légitime et mathéma-tiquement démontré.
4 0 . Les commissaires disoient que c’étoit à tort que Morinse flattoitde pouvoir, par sa science des longitudes, réformer lesTables Astronomiques , en quoi sans doute ils avoient raison.
On sent aisément que Morin fut fort mécontent de ce ju-gement. 11 opposa et avec solidité et en plusieurs poin ts le premierjugement au second, il fit plus, il écrivit à plusieurs astro-nomes comme Galilée, Longoinontanus, Gassendi, de Valoisqui tous lui donnèrent des témoignages favorables pour sa mé-thode. II les fit imprimer, et les opposa au sentiment de sescommissaires, mais le cardinal de Richelieu décidad’après eux,parce qu’il n’avoit rien fait, qui eut perfectionné la théoriede la lune. II ine semble cependant que son travail étoit assezbeau pour mériter plus d’accueil. Quelques années après le comtede Pagan dans ses Tables Astronomiques proposa une méthodeplus simple qui ne demandoit que fa hauteur de la lune, etc’est en effet celle que le Monnier et Pingre proposoient denotre temps.
Tandis que Morin déclamoit en France contre ses juges ets’efforçoit d’obtenir quelque récompense pour son invention,un homme plus heureux que lui en obtint par une inventionfort inférieure à celle de l’astronome françois. Il s’agit deVanlangren ou Langrenus, astronome et cosmographe de S. M.catholique dans les Fays-Bas. Vanlangren publia en 1644 un écritespagnol intitulé : la Verdadera longitud por mar y tierradedicada à su mag. cath. Phelipe IV, por Miguel florencisTome ly, Z z z