Band 
Tome quatrième.
Seite
577
JPEG-Download
 

DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Lxv. IX. S 77Le cit. de la Lande expliquoit au Collège - Royal, à Paris de-puis 1761 , Gastronomie et la navigation; et Véron, 1 un deses auditeurs, embarqué sur un vaisseau en 1765 comme aide-pilote donna à Charnières les premières leçons de pratique : celui-ci présenta ses observations à l’Acadéinie , le 1 S novembre 1766,et publia trois ouvrages en 1767, 68 et 72. Il fut fait lieu-tenant de vaisseaux : les encouragemens donnés par le mi-nistre au jeune Charnières furent un objet d’émulation pourles officiers de la marine , et cela a servi à procurer beaucoupinobservations de longitudes. Aussi le cit. de la Lande dit-il,que le pauvre pilotin Véron qui avoit stimulé et guidé l’oíli-cier Charnières, avoit acquité lui seul, envers la France , toutce que la chaire d’Astronomie du Collège-Royal avoit coûtédepuis sa fondation. Voyez le Nécroioge de 1774 , où est l'e-loge de Véron.

Nous allons maintenant entrer dans quelques détails sur lesprécautions à prendre pour tirer de cette manière d’observerles longitudes la détermination la plus exacte. Car il y a diversesprécautions et attentions à mettre en usage pour éviter des er-reurs dans l’observation, qui quoique légères pourroient enoccasionner de grandes dans les résultats.

i°. Pour réussir bien dans une pareille opération, il faut aumoins la réitérer après un intervalle de temps peu considérable »comme de 5 ou 10 minutes, et prendre un résultat moyenentre les distances à l’étoile, et les hauteurs observées , pour untemps moyen entre ceux des deux observations. Ou bien cequi vaudroit encore mieux, si l’on étoit au moins deux ob-servateurs, chacun observeroit en même temps, soit la distance,soit les hauteurs des deux astres, et l'on prendroit un milieuentre les résultats, d’après lequel on établiroit les calculs.

Mais le moyen de réussir le plus complètement seroit d’êtretrois observateurs dont le premier mesureroit à trois reprisesdifférentes , et à des intervalles de 5 minutes, la distance desdeux astres ; le second mesureroit de même de 5 en 5 minutesla hauteur du soleil ou de l’étoile; et le troisième à des in-tervalles semblables la hauteur de la lune. On prendroit ensuitele tiers de la somme des 3 distances; en faisant la même chcsapour les hauteurs mesurées, et le temps écoulé, on auroit très-probablement avec une grande précision la distance des deuxastres et leur hauteur pour le temps qui tient le milieu.

2. 0 . II ne faut pas omettre de rectifier le moment de l’ob-servation , soit par la hauteur du soleil, soit par celle de Fétoile ;car il y aura toujours quelques erreurs sur le temps écoulé depuisla dernière observation de Midi.

Tome IV. D d d d '