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Tome premier.
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TOUf.EfcS. 169

l’action de sauter, et permet aux Hollandais defranchir des tranchées de plus de dix-huit pieds(six mètres) de largeur, qu’ils pratiquent dansleurs tourbières.

Quand les tourbières ne sont point ainsi recou-vertes par du sable et de la terre végétale, leurmollesse est extrême, et peut devenir fatale auxvoyageurs qui tenteraient de les traverser, en seliant à une légère croûte desséchée, qui se brisesous le poids du corps. Ce peu de consistancedonne à ces terrains la singulière propriété derepousser les substances légères, et d'absorbercelles qui sont pesantes. C’est ainsi que les pieuxde bois qu’on y enfonce , s’en retirent insensi-blement d’eux-mêmes, et que les inslrumens defer qu’on abandonne à leur surface, s’y enfon-cent petit à petit, et finissent par pénétrer à unegrande profondeur.

Il arrive quelquefois que des portions de tour-bières viennent flotter à la surface de certainslacs, qu’ils forment des îles ambulantes couvertesde végétaux variés, que leur étendue et leur fer-tilité y attire les hommes, qu’ils y bâtissent descabanes, qu’ils y transportent des animaux (1),et que pour empêcher ces propriétés mobiles decéder à l’effort des vents , qui pourraient les

(1) L’île flottante du lac Gcrdau, en Prusse, nourrit untroupeau de cent têtes. Bergmann, Géographie physique.