SOUDE MURIATÉE. 255
de marais salans : nous croyons devoir en donnerune idée.
Ap rès avoir reconnu la hauteur à laquelle lamer s’élève dans les plus fortes marées et dans lesplus grandes tempêtes, on choisit sur la côte unvaste espace dont on aplanit la surface, qu’ondivise par une infinité de petites chaussées quise croisent à angles droits , et qui comprennententre elles un grand nombre de bassins carrésqui communiquent les uns avec les autres ; ortglaise le fond de ces especes de cases, si le terrainn’est point naturellement susceptible de retenirl’eau. On établit, en avant de celle vaste espla-nade, un réservoir assez profond qu’on peut em-plir à volonté au moyen d’une écluse, ou qui re-çoit Peau naturellement à marée hau te. Ce premierbassin est destiné à retenir le limon le plus gros-sier que l’eau dépose. De là on l’introduit dansles cases du grand labyrinthe, mais en lui faisantparcourir à dessein un grand nombre de détours etde circonvallations avant de lui permettre d’en-trer dans ces réservoirs plats où la chaleur dusoleil, et mieux encore l’action de certains vents,la rapprochent et la forcent en la concentrant, àdéposer tout le sel qu’elle ne peut plus tenir endissolution. On retire ce sel, qui se précipite ainsiau fond des cases ; et on le dépose en tas sur lespetites chaussées où il commence à s’égoutter età se débarrasser en partie des sels étrangers ,