COUVREUR.
sert de lattes quartes qui font assez pliantespour fe prêter au contour qu'on veut leurfaire prendre ; car comme en roulant furun cône une réglé un peu large, le bordinférieur enveloppe une plus grande cir-conférence que le bord supérieur, les boutsde cette réglé doivent s’élever, & c’estce qu'il faut éviter ' en ce cas-ci , &faire enforte que toutes les lattes soientdans leur longueur parallèles à l’entable-ment. Mais , comme nous savons déjadit , en forçant la latte , on l’oblige deprendre un contour convenable- On nepeut fe dispenser , pour ces fortes decouvertures , d-’empîoyer de la tuilegironnée , c’est-à-dire , des tuiles qui fontplus étroites par en-haut que par en-bas.Quand on s’apperçoit que vers la pointedu cône les tuiles ordinaires font troplarges par le haut , & que les jointsdeviennent obliques , on mêle quelquestuiles gironnées ; mais il faut en employeren plus grande quantité , à mesure qu’onapproche plus de la pointe du cône; deforte que quand on est parvenu à troiscu quatre pies au-dessous de la pointe,non-feulement on n’emploie plus que dela tuile gironnée , mais souvent on estobligé d’en diminuer encore la largeurde la tête : enfin , on termine cet ouvragede la même maniéré que les croupes ,en couvrant l’aiguiile avec un petit amor-tissement de plomb ou de poterieouavec des ardoises. Voye\ fig. tg.
Maniéré de couvrir les murailles avec destuiles £? des enfaîteaux..
Excepté les tablettes de pierre de taille,il n’y a point de meilleure couverturepour les murailks, plus propre ni plusdurable, que celle que l’on saie avec des
tuiles & des enfaîteaux ou faîtieres. Cescouvertures fe font précisément commeles égouts retroussés ; on commence parasseoir fur du mortier ou fur du plâtreun doublis & un fous-doubïis ; puis onpose encore en mortier ou en plâtre destuiles à recouvrement, ce qui forme despureaux de trois à quatre pouces; & cepetit toit est recouvert par des faîtieresqu’on joint & qu’on borde de la mêmemaniéré que celles des faîtes des bâti-mens : on met plus ou moins de rangsde tuiles, suivant que la muraille est plusou moins épaisse. Voye\ fig. zo.
Des mortiers ou plâtres. La solidité desc ouvertures-dépend beaucoup de la bontédes mortiers ou des plâtres que l’on yemploie : cette qualité dépend de la façolrde les faire , & des matières dont on lescompose.
i' 1 . II ne faut point que le plâtre soitnoyé : un plâtre qui a été gâché tropmou , ne durcit jamais parfaitement ;d’ailleurs, il y a certains plâtres qui íbntbeaucoup meilleurs que d’autres.
a?. Pour ce qui est des mortiers elfechaux , il faut, si la chaux est nouvel-lement éteinte, n’y point ajouter d’eau;& si la chaux étoit vieille éteinte &trop dure , on doit la mettre dans unbaílìn de fable ou de ciment , & la biendélayer avec un peu d’eau , avant d’ymêler le fable ; car c’est une réglé géné-rale que pour faire de bon mortier , ilne faut jamais ajouter d’eau quand unefois on a mêlé le fable ou le ciment avec!a chaux ; & si le mortier paroît tropdur , il n’y a qtfâ le bouler à force dvbras avec le rabot ; il déviendra par cetteopération assez mou pour être employé avec, utilité i & iln’en fera que plus solide»