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Suite du recueil de planches, sur les sciences, les arts liberaux et les arts méchaniques / [Diderot]
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COUVREUR.

sert de lattes quartes qui font assez pliantespour fe prêter au contour qu'on veut leurfaire prendre ; car comme en roulant furun cône une réglé un peu large, le bordinférieur enveloppe une plus grande cir-conférence que le bord supérieur, les boutsde cette réglé doivent sélever, & cestce qu'il faut éviter ' en ce cas-ci , &faire enforte que toutes les lattes soientdans leur longueur parallèles à lentable-ment. Mais , comme nous savons déjadit , en forçant la latte , on loblige deprendre un contour convenable- On nepeut fe dispenser , pour ces fortes decouvertures , d-empîoyer de la tuilegironnée , cest-à-dire , des tuiles qui fontplus étroites par en-haut que par en-bas.Quand on sapperçoit que vers la pointedu cône les tuiles ordinaires font troplarges par le haut , & que les jointsdeviennent obliques , on mêle quelquestuiles gironnées ; mais il faut en employeren plus grande quantité , à mesure quonapproche plus de la pointe du cône; deforte que quand on est parvenu à troiscu quatre pies au-dessous de la pointe,non-feulement on nemploie plus que dela tuile gironnée , mais souvent on estobligé den diminuer encore la largeurde la tête : enfin , on termine cet ouvragede la même maniéré que les croupes ,en couvrant laiguiile avec un petit amor-tissement de plomb ou de poterieouavec des ardoises. Voye\ fig. tg.

Maniéré de couvrir les murailles avec destuiles £? des enfaîteaux..

Excepté les tablettes de pierre de taille,il ny a point de meilleure couverturepour les murailks, plus propre ni plusdurable, que celle que lon saie avec des

tuiles & des enfaîteaux ou faîtieres. Cescouvertures fe font précisément commeles égouts retroussés ; on commence parasseoir fur du mortier ou fur du plâtreun doublis & un fous-doubïis ; puis onpose encore en mortier ou en plâtre destuiles à recouvrement, ce qui forme despureaux de trois à quatre pouces; & cepetit toit est recouvert par des faîtieresquon joint & quon borde de la mêmemaniéré que celles des faîtes des bâti-mens : on met plus ou moins de rangsde tuiles, suivant que la muraille est plusou moins épaisse. Voye\ fig. zo.

Des mortiers ou plâtres. La solidité desc ouvertures-dépend beaucoup de la bontédes mortiers ou des plâtres que lon yemploie : cette qualité dépend de la façolrde les faire , & des matières dont on lescompose.

i' 1 . II ne faut point que le plâtre soitnoyé : un plâtre qui a été gâché tropmou , ne durcit jamais parfaitement ;dailleurs, il y a certains plâtres qui íbntbeaucoup meilleurs que dautres.

a?. Pour ce qui est des mortiers elfechaux , il faut, si la chaux est nouvel-lement éteinte, ny point ajouter deau;& si la chaux étoit vieille éteinte &trop dure , on doit la mettre dans unbaílìn de fable ou de ciment , & la biendélayer avec un peu deau , avant dymêler le fable ; car cest une réglé géné-rale que pour faire de bon mortier , ilne faut jamais ajouter deau quand unefois on a mêlé le fable ou le ciment avec!a chaux ; & si le mortier paroît tropdur , il ny a qtfâ le bouler à force dvbras avec le rabot ; il déviendra par cetteopération assez mou pour être employé avec, utilité i & ilnen fera que plus solide»