'*9 COUVREURi
3 °. L’usage ordinaire , pour faire debon mortier, est dé mêler deux partiesde fable ou de ciment avec une partiede chaux , c’est-à-dire, un tiers de chaux,& deux tiers de fable.
4 “. On fait ce mortier, soit avec duciment, soit avec du sable , l une ou l’autrede ces pratiques n’est préférée qu’à raisondes lieux où Pune de ces deux matièresse trouve être la plus convenable à cetusage : car dans les endroits où le fableest bien sec , & la tuile tendre, le sableest préféré au ciment ; ailleurs où l’onne trouve que du fable très-sin ou ter-reux , & où la tuile est dure & bien cuite,c’est le ciment qui mérite la préférence.En général, le défaut du mortier bienfaitavec de bon ciment, est qu’il se gerse,& qu’il se détache des enfaîteaux & dela tuile par copeaux très - durs ; il fauten ce cas faire ce mortier avec moitiéfable & moitié ciment.
Couverture en ardoise. Si l’on excepteles couvertures en plomb & en cuivrequi ne font point du ressort des cou-vreurs , les plus belles & les meilleurescouvertures font, fans contredit , cellesqui se font en ardoise. Elles forment unplan bien uni : quand elles font bienexécutées , elles font impénétrables à lapluie, & elles durent long-temps. Ellesont encore l’avantage de ne point chargerles charpentes : leur seul inconvénientest que les grands vents les soulèventquelquefois , & même qu’ils les empor-tent , fur - tout quand on emploie del’ardoise trop mince , ou de mauvaisequalité; car il y en a telle qui s’atten-drit à la pluie, & qui pourrit fur lesbàtimens.
Quoique les ardoises aient été taillées
fur les chantiers des carrières ï il fautcependant que le couvreur , avant de lesmonter fur un bâtiment, les repasse toute*les unes après les autres, pour leur donnerune forme plus régulière.
Quand on couvre en ardoise un bâtimentde peu de conséquence , tel qu’une ferme *une maison de paysan, ce qui est commundans le voisinage des carrières d’ardoifes ,on fait les égouts comme ceux de tuile.On voit un égout pendant de cette fortefigure t , plan. 11. On doit observer queles deux ardoises de l’égout qui font ledoublis & le sous-doublis, doivent êtreposées les deux chanfreins en - dehorscomme en A , & non en - dedans commeen B.
Pour faire les égouts pendants à coyaux,'on attache fur les chevrons des bouts dechevrons de deux piés & demi , ou troispiés de longueur ; on les fait excéderplus ou moins le vif du mur, & ils fontterminés par un larmier- Chaque coyauest attaché fur un chevron par troisforts clous ; on cloue fur le bout descoyaux la chanlatte qui ne doit point lesexcéder : on cloue fur la chanlatte ledoublis & le fous- doublis fans pureau ,& qui doivent faire saillie sur la chanlattede trois ou quatre pouces ; ensuite onpose les ardoises suivant leur pureau , &elles font retenues chacune par deux outrois clous. Voye\ fig. r.
Pour faire les égouts retroussés, onpose sur l’entablement, qui a deux poucesde saillie sur le vif du mur , ou davan-tage quand on forme une corniche ; onpose, dis-je, sur cet entablement, avecmortier ou plâtre, un rang de tuiles ,auquel on donne trois pouces de saillieau-delà de l’eatablement ou de la corniche ;