Buch 
Suite du recueil de planches, sur les sciences, les arts liberaux et les arts méchaniques / [Diderot]
Seite
46
JPEG-Download
 

s r G A R C H I T

ce qui occasionnoit très - souvent desmaladies épidémiques. Lon a donc rémédiéa tous ces inconveniens > par le moyendun mur de refend, dont chaque porteou passage entre deux toats , reçoitdans son épaisseur une latrine ( planche 77 ,au plan ZF ) en forme de niche , dedeux pies de profondeur, fur deux pies& demi de large , & un robinet dansune autre niche faite dans îe jambagede la porte des latrines ( planche lll,profil da corps de logis font lessalles B. ) donnant seau qui sert à lesnettoyer & à satisfaire à la soif. Cettedistribution ne leur laisse donc aucuneressource pour leur évasion , ne pouvantaltérer en rien la construction des mursde face , devant lesquels fe trouve uneallée ( planche II, au plaît 38. ) que despertuifaniers & argousitis parcourent fanscesse, & qui est éclairée pendant la nuitpar des fanaux mis aux écoinçons desfenêtres ( planche 77 , au profil à latreille me partie 13. ) Tout ce grandmur de refend porte fur un égout( planche I , au plan g. ) qui fe jointfous le premier vestibule , à un autre( au plan to & planche III , au profildu bagne 16. ) qui conduit à la mer.

Au milieu de la longueur de chaquesalle , est ménagée une cuisine ( planche II,au plan 41 & au profil 15 , ) de dix-fept pies de long fur quatorze de large,entourée de grilles de fer , pour ne laisseraucun sujet de murmure aux forçats,qui soupçonnent toujours la fidélité deceux qui les fervent. De lautre côtéde la cuisine fur la même largeur , estl'a taverne auffi grillée de fer , diviséeen deux pour recevoir dans lune le vindu munitionnaire que le roi accorde aux

? C T U R E;

forçats de fatigue , ainsi nommés pen-dant les huits jours quils travaillent ,après lesquels ils ont huit jours de repos ;dans f autre partie de la taverne celuides cornes ou comités , ils ont droitde placer du vin quils distribuent àleur profit aux forçats qui , par leurstravaux , fe peuvent procurer cettedouceur.

Toutes les salles ont lappui de leursfenêtres élevé à six ou sept pies-( planche III, profil du corps de logis C , )pour leur ôter toute communication &connoissance avec le port ; & Couver-ture des portes ou passages du mur derefend , fe trouve dans le même aligne-ment. Ainsi les fenêtres étant ouvertes,lair peut y être renouvellé dans uninstant , la hauteur des planchers leurassurant en même temps un air plus sain.Ainsi des deux écoinçons de chaquefenêtre , & à la hauteur de sept piés ,font des fanaux ( planche 77 , à latroisième partie du profil 13 , ) avec deslampes , auxquels ils ne peuvent attein-dre , & qui éclairent, ainsi que nousLavons dit, leur garde pendant toutela nuit ; si ces fanaux qui fervent à leséclairer , étoient éteints par les forçats,qui est une marque de soulèvement ,dès-Iors ils font punis comme coupablesde révolte. La garde fe fait principale-ment par les pertuifaniers qui ont chacunfur leur compte dix forçats enchaînésde deux en deux pendant le jour , lorf-quils sortent ; ce qui les a fait appelercouple , & ils font tous enchaînés pen-dant la nuit au pies du tolat. ( planche III,profil dit corps de logis A , ) & uncertain nombre de pertuifaniers est des-tiné à voir ceux qui voudroient exciter