x PREFACE.
bornes, ce quelle nous représente confusément, devientinfini pour elle: le nombre des étoiles qu’un beau cidoffre à la simple vue de quelqu’un qui n’a jamais cherchéà s’instruire de leur arrangement, paroît infini. De vouloircompter ces étoiles, lui paroîtroit une entreprise folle;cependant en les rangeant par constellations, on est parvenuà sçavoir que non-seulement elles peuvent être comptées,mais que le nombre de celles qui peuvent être apperçûesfans lunettes, ne va qu’à environ deux mille. Le nom-bre des plantes paroît immense, & après avoir ramasséavec de grands foins & de laborieuses recherches, cellesqu on a pû découvrir dans les différens climats, on a biende la peine à s’assurer qu’on en connoiífe douze à treizemille especes différentes. Les méthodes semblent resserreries bornes de la Nature; elles réduisent à un nombre d’objetsfinis, des suites d’objets que nous croyions voir infinies.Je ne veux pas dire pour cela que l’infini ne se trouvepoint dans la Nature, mais il n est pas dans le nombre desobjets qui font à la portée de nos sens ; autrement l’étenduede notre terre seroit infinie. D’ailleurs, les distributions enclasses, en genres & en especes, mettent notre imaginationà í’aiíe, en lui présentant des tableaux où de très-grandessuites d’êtres différens font peintes en raccourci & trèsen petit, mais très-distinctement. Nous ne nous arrêteronspoint actuellement à rapporter les caractères des quatreclasses principales fous lesquelles nous avons rangé lesmouches, soit à deux, soit à quatre ailes, les caractèresdes classes subordonnées à celles-ci, & les caractères desgenres de ces différentes classes; ç’en est bien assés d’avoirà faire lire une fois, dans le troisième Mémoire, ces détailssecs par eux-mêmes; quoique nous y donnions les cara-ctères des mouches, soit à quatre, soit à deux ailes, ce vo-lume ne traitera que des mouches à deux ailes.