* Tome 1.JVIem. V.pag,
■2 43'
210 MEMOIRES POUR L’HlSTOIRËque nous avons vû la trompe de la mouche appliquée »comment une telle liqueur, malgré fa ténacité, peut ellemonter dans un conduit très-étroitî II y a plus, les mou-ches ne cherchent pas seulement des liqueurs sucrées,elles font attirées par le sucre le plus dur, & elles fça-vent le fuccer. Les papillons nous ont déja donné undénouement de cette difficulté *, que nous avons admiré.Nous avons vû que la nature leur a appris à délayer,& à rendre très-liquides les substances visqueuses & mê-me dures, dont ils doivent fe nourrir, & qu’elle les apourvus de ce qu’il faut pour y parvenir. L’expédientqu'elle a donné aux papillons, elle l’a auffi donné auxmouches. Quand une mouche rencontre un sirop tropépais, elle fçait le rendre suffisamment liquide ; quandelle rencontre du sucre très-dur, elle fçait en fondrede petites portions. Elle a dans son corps une provisiond’une liqueur très-fíuide; dans le besoin elle en soit sortirune goutte par le bout de fa trompe; elle ne manque pasde faire tomber cette goutte fur le sucre qu’elle veut met-tre en état de passer dans fa trompe, & fur le sirop tropépais pour y être introduit. Une mouche qu’on tiententre fes doigts,même fansl’y trop presser, fait souventvoir la liqueur dont nous parlons, elle en conduit unegoutte au bout de sir trompe. Cette goutte est ordinai-rement très-fluide & très-transparente.
L’eau versée, pour ainsi dire, fur le sirop, ne s’insi-nueroit pas toûjours assés vîte entre toutes fes parties, lemouvement des levres de la mouche hâte 1 opération;les levres retournent, manient & paîtrissent le sirop, afín.que leau le pénétre promptement, comme on manie &paîtrit avec les mains, une pâte dure qu'on veut ramollir »en y saison t entrer l’eau qui la couvre. C'est ainsi encoreque ia mouche en use pour ie sucre. Quand la tromp €