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des Insectes. V . Mem . 2 r rest obligée d’agir fur un grain d’une figure irreguliereà raboteuse, sur lequel elle ne peut pas s’appiiquer com-modément, son bout se contourne pour le saifir, poursembraíser. Quelquefois il est très-plaiíànt de voir com-ment la mouche retourne le grain en divers sens; il sem-ble quelle joue avec ce grain comme un singe joue avecune pomme; ce n’est pourtant que pour parvenir à lebien tenir, à le mouiller avec plus de succès, & a pom-per ensuite seau qui sa difions en partie.
Ce n’est pas seulement lorsque les mouches veulentdélayer du sucre ou des liqueurs trop épaisses, quellesfont paroître une goutte d’eau au bout de leur trompe »j ai vû souvent cette goutte d’eau au bout des trompes dedifférentes mouches qui venoient de se rassasier au pointd etre indifférentes pour í’aliment qu elles avoient cher-ché avec avidité. Mais la même goutte que la moucheavoit conduite au bout de fa trompe, elle la faisoit ren-trer sur le champ; quelquefois ce manège a été répétéfous mes yeux plusieurs fois de fuite, & apparemment cen’étoit pas fans nécessité. II semble que ces mouches,comme plusieurs especes de nos quadrupèdes, ayentbesoin de ruminer; que pour mieux digérer la liqueurqu’elles ont fait passer dans leur estomach, elles soientobligées de la faire revenir dans leur trompe, pour 1 yfaire rentrer ensuite mieux préparée. Ce qui paroît ap-puyer cette idée, c est que j ai goûté de seau qu’avoit ra-menée au bout de sa trompe, une mouche qui s’étoitsoûlée de sucre, & j’ai trouvé cette eau sucrée. Une au-tre observation usa encore prouvé plus decisivement,que la liqueur que la mouche faisoit revenir au bout defa trompe, étoit celle-là même qu elle avoit íuccee aupa-ravant. J’ai offert de la gelée de groseille à une mouchequi fa trouvée fort à son goût; quand j’ai jugé qu elle
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