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Tome quatrième.
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212 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREs’en étoit suffisamment remplie, je sai prise doucementpar le corps pour considérer à mon aise ie bout de latrompe, & j y aivû arriver successivement pluíieurs gout-tes d une liqueur d’un beau rouge, d’une liqueur de lacouleur que devoit avoir de seau très-chargée de geléede groseille. II étoit assés inutile de goûter cette eau, jesai goûtée cependant, & je lui ai trouvé le goût que íàcouleur lui eût fait croire.

La facilité qu’ont les levres de la trompe, à prendreune infinité de figures différentes, celle qu’elles ont à segonfler , à se contracter, soit en total, soit en partie,montre qu’il est aisé à la mouche, de les appliquer exa-ctement fur les corps des figures les plus «régulières »qu elles peuvent y contenir seau que la trompe a laissétomber sur les corps qui ont besoin d’être délayés. La plu-part des mouvemens des levres tendent à pousser la liqueuravec laquelle cette eau s’est mêlée, vers souverture quilui donne entrée dans le canal de la trompe ; la force& sagilité de ces levres, nous apprennent encore qu’ellesfont en état d’exprimer le suc dont certains corps sontmouillés, par exemple, celui qui humecte les fibres d’unmorceau de viande, de rassembler ce suc, & de le con-duire jusqu’où il doit être conduit.

La structure de la trompe de nos mouches íèroit déjatrès-admirable, quand il n’entreroit dans fa composition,que les parties dont nous avons parlé, mais il lui fautplus; elle a besoin d’être munie d’un instrument dontla construction suppose bien de la méchanique. Lesmouches ne trouvent pas toûjours à leur portée des sucsliquides, 6c tout prêts à être avalés, ou elles ne trou-vent pas toujours des sucs épaissis comme le sucre, qu’el-les n ont qu a delayer avec seau qu’elles jettent par leurtrompe. Des liqueurs dont les mouches íònt friandes»